Télévision
 

Rédaction
4 février 2005

Une guerre latente entre le président roumain Traian Basescu et le PDG de la télévision publique (TVR) Valentin Nicolau a éclaté au grand jour , après que ce dernier eut accusé le chef de l'Etat de vouloir le remplacer, afin de "subordonner" l'institution au pouvoir politique. "Le nouveau pouvoir politique souhaite désespérément me remplacer car je refuse de répondre aux commandes politiques", a affirmé M. Nicolau dans un communiqué, en assurant qu'il ne se laisserait "pas intimider par les menaces" proférées, selon lui, par la coalition de centre droit au pouvoir. Nommé à ce poste en juin 2002 par l'ancien Premier ministre social démocrate Adrian Nastase, dont il avait auparavant été le conseiller, M. Nicolau a été vivement critiqué, notamment pendant la campagne électorale de novembre, pour la "censure" imposée aux journalistes. Plusieurs reporters avaient également dénoncé les "pressions et coups de fil" donnés par des représentants de l'ancien gouvernement afin d'"interdire la diffusion d'informations susceptibles d'embarrasser le pouvoir" alors en place. Alors que, selon des associations indépendantes de monitoring de la presse, M. Basescu avait été la cible privilégiée des commentaires négatifs de la TVR avant d'être élu président, ce dernier a assuré jeudi qu'il n'envisageait pas de remplacer M. Nicolau. Mais, a-t-il souligné, "le PDG de la télévision publique, qui est devenu un grand défenseur de la liberté d'expression, aurait dû vérifier cette information" avant de la diffuser sur les ondes. "En ne le faisant pas, il a montré que son but était de me dénigrer". M. Basescu a également cité plusieurs exemples de reportages "mensongers" diffusés par la TVR alors qu'il était maire de Bucarest, ainsi qu'un incident violent dont il avait été victime pendant la campagne électorale et dont la resonspabilité incomberait à M. Nicolau. Enfin, le président Basescu a ironisé sur "ce digne journaliste" qui, depuis sa nomination en tant que PDG, "a transformé la télévision en une institution qui n'a fait que dire la vérité au peuple". Selon la loi, le PDG de la TVR est nommé par le Parlement, pour un mandat de quatre ans.

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