Public Sénat
 

Rédaction
8 février 2006 à 01h00

Jean-Pierre Elkabbach, président de la chaîne Public Sénat qui diffuse l'intégralité des séances de la commission d'enquête sur l'affaire d'Outreau, a estimé que la retransmission partielle de l'audition du juge Burgaud par les chaînes généralistes pourrait faire de celui-ci une "victime expiatoire". "On pourrait faire le plus grand mal à la justice si on laissait l'émotion, l'irrationnel dominer. Cela affaiblirait pour longtemps l'idée de la transparence grâce au direct à la télévision. Le problème, c'est d'éviter de livrer le juge Burgaud à la vindicte, d'en faire une victime expiatoire", a déclaré M. Elkabbach au quotidien régional La Provence. "Mais je dirais que c'est plutôt mal parti. Quand je vois que les télévisions généralistes cherchent à s'approprier un morceau de son intervention, je dis ma préoccupation. Je devine ce qui attire ces télévisions. Ce n'est pas l'aspect pédagogique ni sa dimension judiciaire, c'est un intérêt économique, d'audience. Ne diffuser qu'une partie de l'audition du juge Burgaud et que le juge Burgaud, c'est d'ores et déjà le désigner comme coupable", a ajouté le patron de Public Sénat. Public Sénat diffuse intégralement et en direct les débats, tout comme La Chaîne parlementaire (LCP). Toutes deux mettent leurs images à disposition des autres chaînes, dont la plupart ont prévu de retransmettre l'audition mercredi du juge Fabrice Burgaud, qui a mené une instruction controversée sur le dossier d'Outreau. "Si l'on veut un regard impartial, objectif et démocratique sur les travaux de la commission, comme c'est une première, il faut donner le plus possible. Ce qui me fait craindre pour la suite, c'est que l'on vienne là où il y a de l'audience à gratter et de la pub", a poursuivi M. Elkabbach. Egalement patron d'Europe 1, le président de Public-Sénat affirme également n'avoir reçu "aucune" demande d'image pour la diffusion de l'audition, jeudi, du procureur: "si beaucoup de journalistes s'interrogent, rassurez-vous, jeudi, les télévisions diffuseront 50 secondes du procureur pour se donner bonne conscience. Elles faussent la couverture de la commission, elles en font un spectacle et un procès, c'est ça qui est dangereux".

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