Justice
 

Rédaction
31 mai 2008

Le gendarme à la retraite Dominique Garcia, prévenu de violation du secret de l'instruction après la réalisation d'un reportage diffusé sur TF1 en 2004 sur une enquête sur un meurtre, a reconnu son erreur et imploré vendredi le tribunal correctionnel d'Alès d'être juste avec lui. "Cela fait quatre ans que je m'endors en pensant à cette affaire, j'ai commis une erreur", a dit le lieutenant-colonel, ancien commandant de la section de recherches de Nîmes, à la retraite depuis trois ans et contre lequel six mois avec prison ont été requis. "Soyez juste avec moi", a imploré le gendarme qui comparaît depuis jeudi avec six autres prévenus dont Charles Villeneuve, poursuivi en tant que producteur de l'émission de TF1 "Le droit de savoir" qui avait diffusé le reportage, le 7 septembre 2004. Celui-ci, réalisé entre avril et septembre 2004, portait sur l'enquête de la section de recherches de la gendarmerie de Nîmes chargée d'élucider le meurtre de Marjorie Vigouroux, 20 ans. L'auteur du reportage Olivier Baudry de Vaux, journaliste travaillant alors pour une société de production liée à TF1, avait obtenu l'accord de la gendarmerie mais pas celui de la justice. Un suspect, Eric Martinez, condamné depuis pour le meurtre, avait porté plainte en juin 2004 pour violation du secret de l'instruction pour avoir été interrogé par le journaliste et filmé menotté pendant sa garde à vue. Dix mille euros d'amende ont été requis contre M. Villeneuve, 15.000 et 10.000 euros contre Baudry de Vaux et Jacques Aragones, rédacteur en chef de l'émission, 10.000 euros contre Edouard Boccon-Gibod, directeur de TF1 Production. Aucune peine n'a été requise à l'encontre des deux anciens patrons de TF1 Etienne Mougeotte et Patrick Le Lay. Les six sont poursuivis pour recel de violation du secret de l'instruction. L'avocat de M. Aragones a demandé la relaxe en estimant que "ce procès, c'est le procès de l'investigation judiciaire". "La présomption d'innocence doit bénéficier à tout le monde comme à TF1", a de son côté déclaré Me Louis Bousquet, l'avocat de TF1. Les avocats du gendarme ont insisté sur ses bons états de service durant 31 ans de carrière. "A qui va-t-on faire croire que sa hiérarchie n'était pas au courant?", s'est interrogé Me Jean-Robert Phung. Le jugement a été mis en délibéré au 4 juillet.

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