France Télévisions
 

Rédaction
10 octobre 2008 à 01h00
Le Pdg de France Télévisions, Patrick de Carolis, a appelé les télévisions publiques internationales à se regrouper, notamment en développant des projets communs, "dans un contexte économique difficile" et face à une concurrence accrue. Patrick de Carolis s'exprimait à l'occasion de l'ouverture d'une réunion internationale regroupant les dirigeants de télévisions publiques, le PBI (Public Broadcaster International), qui se tient les 9 et 10 octobre en Arles. "Si nous voulons pouvoir, chacun dans nos pays, (...) défendre (notre) différence dans un contexte économique difficile et de plus en plus contraint et face à des concurrents qui se livrent à une véritable guerre économique, nous devons apprendre à travailler ensemble et développer des projets communs", a déclaré le Pdg de France Télévisions. Il a appelé à mettre en place davantage de projets de coproductions internationales, des projets d'achats groupés ainsi que des projets d'accords internationaux, dans le domaine des droits sportifs par exemple, "qui pourraient nous permettre de rester concurrentiels face à l'inflation destructrice des droits sportifs". Face aux dirigeants de télévisions publiques de 47 pays, Patrick de Carolis a déclaré que France Télévisions allait vivre une "révolution complète de son modèle économique", avec la suppression de la publicité sur ses antennes. "Nous allons devoir conduire (cette révolution) dans un contexte, vous l'avez bien compris, de crise financière internationale", a-t-il ajouté. La publicité doit disparaître sur France Télévisions à partir de janvier 2009, après 20 heures. Elle sera totalement supprimée à la fin de 2011. Fondée en 1990, le PBI (Public Broadcaster International) est un forum annuel auquel sont conviés tous les diffuseurs de radio et télévisions publics d'Europe, d'Amérique, d'Afrique, d'Asie afin de débattre de l'avenir de l'audiovisuel public à travers le monde. Après le PBI organisé en 2007 en Corée et avant celui de Tokyo en 2009, France Télévisions accueille en Arles les 9 et 10 octobre les dirigeants des télévisions publiques de 47 pays.
Le Pdg de France Télévisions
En outre Patrick de Carolis a déclaré jeudi en Arles (Bouches-du-Rhône) qu'il pensait "à ce jour" terminer son mandat, souhaitant pouvoir mener la transformation du groupe en entreprise unique "jusqu'au bout". "A ce jour, je pense terminer mon mandat", a déclaré le Pdg de France Télévisions, ajoutant qu'il n'était pas là pour gérer son mandat mais "pour
gérer la pérennité du service public". Le mandat de Patrick de Carolis doit s'achever en août 2010, mais le projet de loi sur l'audiovisuel public, qui réforme le mode de désignation des
patrons de l'audiovisuel public, pourrait le contraindre à un départ anticipé. "Je souhaite mener cette réforme (la transformation de France Télévisions en entreprise unique, ndlr) jusqu'au bout", a précisé Patrick de Carolis, en marge d'une réunion de dirigeants de chaînes publiques, le Public Broadcast International (PBI) qui se tient en Arles les 9 et 10 octobre.
Interrogé sur les rumeurs concernant sa démission, il a répondu: "J'essaie de ne pas me laisser entraîner dans la spirale des rumeurs, quand j'entends ou lis la liste sans fin de mes innombrables successeurs". Il a dit qu'il n'avait pas revu le président Nicolas Sarkozy depuis la début de l'été.
Concernant les finances de France Télévisions, Patrick de Carolis a estimé que les recettes publicitaires (hors parrainage) s'élèveraient "entre 150 et 170 millions d'euros en 2009", un "montant sensiblement inférieur" aux 200 millions d'euros estimés par la commission Copé, chiffres tenant compte de la suppression de la publicité après 20H00. A la question de savoir s'il disposerait des moyens suffisants, il a répondu: "je ne me prononcerai pas là-dessus avant la fin de la négociation du plan d'affaire (le budget 2009-2012, ndlr), dans les semaines à venir". "La question est: qu'allons-nous faire des bénéfices tirés des synergies? (ndlr: la transformation de France Télévisions en entreprise unique). Je pense que cela doit servir à financer le développement de l'entreprise, et non compenser la suppression de la publicité, ce qui est de la responsabilité de l'Etat", a affirmé le Pdg de France Télévisions. A propos des critiques de certains députés de la majorité qui lui reprochent de faire obstacle au projet de réforme, Patrick de Carolis rappelle qu'il est "l'initiateur de la réforme". Quant à l'audit que réclament ces mêmes députés, il précise qu'"il y a un comité d'audit permanent à France Télévisions et plusieurs contrôleurs d'Etat à demeure". "Tout parlementaire sait qu'il n'y a pas une entreprise aussi surveillée que France Télévisions", a ajouté le président du groupe public. Enfin concernant TF1 et M6, il a estimé que "les télévisions privées sont dans leur rôle quand elles appliquent une politique commerciale agressive" mais qu'elles se montrent "très inélégantes quand elles nous attaquent sur notre gestion".
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