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Les banques allemandes se sont portées hier lundi au chevet de KirchMedia après que la principale entité du groupe de Leo Kirch a déposé son bilan, provoquant une onde de choc jusque dans les milieux politiques allemands. Avec la demande d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire pour KirchMedia, l'Allemagne a connu la plus grande faillite de son histoire d'après-guerre en termes de créances bancaires. Quatre mois seulement après avoir commencé à évoquer ses difficultés financières, le numéro deux des médias outre-Rhin, croulant sous quelque 6,5 milliards d'euros de dettes, a dû se résoudre au pire. Mais ses quatre principales banques créancières ont fait savoir dans la journée qu'elles entendaient assurer la poursuite des activités de KirchMedia. Cette société, qui emploie 5.500 salariés, regroupe les chaînes de télévision en clair du groupe (ProSieben, SAT.1, N24, DSF, Kabel1), ses droits de films et ses droits sportifs. Les établissements bancaires - la Bayerische Landesbank, la HypoVereinsbank, la Commerzbank et la DZ Bank - sont même prêts le cas échéant à prendre la majorité de la société. Les banques veulent faire entrer "des investisseurs allemands et étrangers" dans la nouvelle entité, selon Wolfgang van Betteray, conseiller de Kirch chargé de la restructuration, qui doit prendre provisoirement la tête de KirchMedia. Parmi les investisseurs étrangers potentiels figurent "en particulier" les actionnaires minoritaires de KirchMedia, dont le magnat australo-américain Rupert Murdoch et Mediaset, la société contrôlée par le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, "chaleureusement invité" dans KirchMedia. Une injection d'argent frais dans la société, dont les dettes s'élèvent à 1,9 milliard d'euros, est également prévue. Outre un prêt d'urgence d'au moins 100 millions d'euros, KirchMedia a besoin à terme d'au moins 1 milliard d'euros pour continuer à vivre. Le sort des autres entités de l'empire, notamment de sa chaîne à péages Premiere, demeure incertain. La chaîne a démenti être sur le point de déposer son bilan, comme l'affirmait M. Betteray. Ce dernier n'a pas exclu non plus un dépôt de bilan pour KirchBeteiligung, qui comprend notamment les participations de Kirch dans les Grands Prix de Formule 1 et dans l'éditeur de presse Springer. Tirant les leçons de ce cuisant échec personnel, Leo Kirch, figure incontournable des médias en Allemagne depuis près de cinquante ans, a tiré sa révérence, en annonçant dans la soirée son départ à ses salariés. A peine annoncé, le dépôt de bilan du groupe a eu des répercussions politiques, le chancelier Gerhard Schroeder s'empressant de tirer à boulets rouges sur l'opposition. Leo Kirch est lié de très longue date aux conservateurs de la CSU dont le chef de file bavarois, Edmund Stoiber, est candidat à la chancellerie pour les élections législatives de septembre. La faillite de Kirch révèle "l'incompétence" économique du gouvernement bavarois de M. Stoiber, a réagi le chancelier Gerhard Schroeder. Edmund Stoiber s'est au contraire félicité de la "poursuite" des activités de Kirch après la présentation par les banques de leur projet. Le dépôt de bilan constitue une chance "pour un nouveau départ de l'entreprise", selon lui. Mais le rival de M. Schroeder n'a guère de quoi pavoiser car les déboires de Kirch viennent largement ternir l'image flatteuse que la Bavière tente de projeter d'elle-même en matière économique. Pour le chancelier social-démocrate, le bilan n'est toutefois pas plus réjouissant. La faillite de Kirch intervient quelques semaines seulement après celle d'un autre mastodonte de l'économie allemande, le groupe de BTP Philipp Holzmann.
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