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Par Amine ALLAM, le

Une camera cachée déclenche une "tempête'" en Tunisie et au Maroc

A peine une semaine après la polémique du sitcom d'Echourouk TV qui était perçue comme une « humiliation » au président Tunisien Kaïs Saïed et à travers lui, tout le peuple tunisien, voilà que le contenu d'une caméra cachée titrée “Al Malek” (Le Roi) diffusée en ce mois du ramadan sur la chaîne de télévision tunisienne Hannibal a provoqué une véritable tempête médiatique et a fait réagir les structures professionnelles au Maroc comme en Tunisie.

L'affaire qui avait commencé sur le net a, par la suite, pris de l'ampleur pour s'attirer les foudres à plus d'un titre. Beaucoup d'internautes et d'artistes ont estimé que les épisodes font allusion à la monarchie marocaine et des tabous comme le harcèlement.

Côté syndical, elle a d'abord soulevé l'indignation du Syndicat professionnel marocain des créateurs de la chanson (Spmcc) qui “condamne fermement” le contenu de cette émission.

Dans un communiqué, le Syndicat marocain a dénoncé ce qu'il qualifie d'”agissements gratuits, honteux et irresponsables” à l'égard du Royaume marocain, ses institutions et ses traditions ancrées dans l'histoire”.

Le concept général de l'émission “laisse entendre qu'il s'agit bien d'une atteinte au Maroc, les rites sacrés et les traditions séculaires au Royaume”, lit-on encore.

La même source s'est adressée à la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) lui demandant d'intervenir en vue de suspendre la diffusion de l'émission. “Par respect pour les relations entre les deux pays, le Syndicat exige des excuses”.

Le Syndicat marocain a salué les relations assez étroites entre les peuples des deux pays et leurs artistes.

Son communiqué a été diffusé suite à la vague d'indignations autour de cette question sur les réseaux sociaux au Maroc.

Deux jours plus tard, le syndicat Tunisien du secteur de la musique a riposté à travers un communiqué, sur sa page Facebook. Il a mis en garde contre toute tentative de manipulation.

ll a en outre condamné certaines accusations fortuites qui cherchent à envenimer les relations entre les deux peuples frères, tout en pointant du doigt certaines mauvaises langues et parties mal intentionnées.

Au moment où des défis majeurs se posent en cette période de confinement sanitaire à cause du Covid-19, le syndicat tunisien appelle à plutôt se concentrer sur les issues pour un meilleur avenir des artistes et leur situation déjà fragile.

Il a toutefois insisté sur le respect de la dignité et la réputation des artistes tunisiens.

Le syndicat a également souligné la bonne foi du producteur et présentateur de l'émission Walid Zeribi qui est également journaliste.

Dans une publication sur sa page officielle, ce dernier refuse ce qu'il qualifie “de malentendu” autour du contenu de la caméra cachée émis par un certain nombre de structures professionnelles.

Il a estimé produire un contenu qui ne présente aucun préjudice au Royaume du Maroc. Certaines parties professionnelles qu'il ne cite pas, “l'ont retiré de son contexte initial, celui du divertissement pour lui attribuer une portée d'ordre politique.”

Il s'agit du même scénario du mois de ramadan passé, le contenu de la caméra cachée “Sahlum” de Walid Zeribi avait également suscité un tollé de condamnations et d'accusations de normalisation.

Ces réactions sont souvent l'œuvre d'internautes pour qu'ensuite la presse et les structures professionnelles réagissent par des prises de positions parfois assez contradictoires.

Cette interaction qui généralement émane de gens peu avertis ou mal intentionnés, place le créateur devant le dilemme de divertir et satisfaire le spectateur ou la crainte de subir la foudre des détracteurs.

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