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Vivendi Universal a subi un coup dur avec le retrait surprise du câblo-opérateur américain Comcast de la course au rachat de Vivendi Universal Entertainment, qui doit entrer la semaine prochaine dans une phase décisive, le dépôt officiel des offres étant attendu lundi. Vivendi Universal, qui semble avoir perdu un joker pour faire monter les enchères sur sa filiale américaine de divertissement (cinéma, télévision câblée, parcs à thème), se refusait à tout commentaire sur le sujet. Après le retrait de la course de MGM (Metro-Goldwyn-Mayer) du milliardaire américain Kirk Kerkorian, fin juillet, VU avait présenté Comcast comme un candidat plus que probable, face au quatre autres prétendants restés en lice, tous américains: NBC (General Electric), Viacom, Liberty de John Malone et le consortium d'investisseurs dirigés par Edgar Bronfmann, l'ancien patron de Seagram et ancien associé de VU. Le retrait de Comcast jette une ombre sur la cession de VUE, présentée depuis des mois par le PDG du groupe français de médias et communication, Jean-René Fourtou, comme un "enjeu majeur" pour 2003. Il risque de modifier la donne et notamment de peser à la baisse sur les enchères d'une filiale, dont VU espérait tirer initialement quelque 20 mds USD (dont 5 mds USD de reprise de dette), avant de revoir ses ambitions nettement à la baisse à 14 mds USD, selon des sources non confirmées par le groupe. Les offres pour le rachat de la totalité de VUE oscillaient ces dernières semaines entre 11 et 12 milliards de dollars. MGM s'était retirée de la course en estimant que VU était "trop gourmand" pour sa filiale américaine. Viacom mais aussi Liberty, qui, selon VU, n'a pas jeté l'éponge malgré des rumeurs de retrait, ont fait savoir que VUE ne valait pas le prix de 14 mds USD réclamé par sa maison mère. La semaine prochaine, VU attend des prétendants, en même temps qu'un prix ferme et une définition précise du périmètre de leurs offres, car ils ne sont pas tous intéressés par les mêmes activités. Le groupe souhaiterait établir une liste restreinte de candidatures (trois au maximum) avant la fin du mois d'août, pour boucler le dossier le plus rapidement possible, souligne-t-on de source proche du dossier. Vivendi Universal n'a publié aucun calendrier officiel pour la cession de VUE. Mais la défection de Comcast pourrait contrarier son objectif d'en finir avec cette transaction avant la fin du mois de septembre, et si possible avant la présentation, le 25 du mois prochain, de ses résultats du premier semestre 2003, selon cette source. M. Fourtou veut accélérer le désendettement de VU et tourner définitivement la page de "l'ère Messier". L'ancien PDG Jean-Marie Messier avait fait de l'implantation de VU en 2001-2002 aux Etats-Unis, à coups d'investissements dispendieux, la pierre angulaire de la stratégie de croissance du groupe. Depuis le limogeage de "J2M" en juillet 2002, le groupe a poursuivi avec succès le rééchelonnement de sa dette afin d'en allonger la maturité et de prévenir toute crise de liquidité en 2003 et en 2004. Il vient d'obtenir des porteurs d'obligations convertibles Vinci qu'ils renoncent au remboursement anticipé, en mars 2004, de leurs titres avant l'échéance de 2006, contre une "prime" de 5%, épargnant ainsi 442 M EUR de trésorerie pour 2004. La dette du groupe s'élevait fin juin à 13,5 milliards euros -- contre 35 mds EUR quelques mois plus tôt. Mais ces signes adressés aux marchés pour leur signifier qu'il n'était plus pris à la gorge comme il y a un an et demi lorsqu'il avait été contraint de vendre à la hâte plusieurs actifs, notamment sa filière d'édition VU Publishing (VUP), pour couvrir les trous béants de sa trésorerie asséchée par l'incurie de la direction précédente, risquent d'être affaiblis par la difficulté de céder VUE à un bon prix. Si la vente devait traîner en longueur, VU envisage une autre option pour obtenir rapidement du numéraire sans brader sa filiale: la mise en bourse de 25% à 40% de VUE. Ce n'est pas la solution qui a ses faveurs, mais il pourrait y être contraint si les prétendants, encouragés par la double défection de MGM et de Comcast, se montraient plus chiches que prévu, affirme un familier du dossier.
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