Rédaction
8 décembre 2003

Les discussions préparatoires au Sommet mondial sur la société de l'information ont progressé mais il n'y a pas encore d'accord sur le financement des efforts nécessaires pour réduire la fracture numérique entre riches et pauvres, a indiqué dimanche un des négociateurs. Par contre, le projet de Déclaration de principes est désormais entièrement rédigé, a indiqué à la presse le chef de la délégation suisse, le directeur de l'Office fédéral de la communication (OFCOM) Marc Furrer. Pays hôte du sommet, qui s'ouvre mercredi à Genève, la Suisse avait été désignée pour jouer les facilitateurs et dégager des compromis. Les discussions entre les sherpas des différentes délégations se sont poursuivies tard dans la nuit de samedi et doivent reprendre mardi. C'est sur le Plan d'action, que doivent adopter les dirigeants des quelque 169 pays participants, que des blocages subsistent. "Ce sur quoi nous ne sommes pas d'accord, a précisé M. Furrer, est si nous devons créer un fonds spécial ou non" pour financer la diffusion des technologies modernes de l'information (radio, télévision, internet, téléphonie mobile..) jusqu'au plus petit village d'Afrique. Les pays en développement, particulièrement Africains, sont demandeurs mais l'Union européenne et le Japon notamment sont "sceptiques", a-t-il ajouté. "Les Africains veulent créer ce fonds mais il est important de persuader les pays du Nord de payer, et aussi l'industrie privée", a souligné le responsable suisse. Selon le projet de déclaration, les autres questions litigieuses -- liberté d'expression, rôle des médias, gouvernance de l'internet, propriété intellectuelle -- ont été réglées par des formules de compromis, minimalistes ou délibérément ambiguës, et des solutions d'attente. Ainsi, l'article 50 de la déclaration invite l'Onu à créer "un groupe de travail sur la régulation de l'internet" avec la participation des gouvernements, de l'industrie et de la société civile. Il sera chargé de présenter des propositions d'ici à 2005. C'est en 2005 que se tiendra à Tunis la deuxième phase du Sommet sur la société de l'information. Pour l'instant, "nous ne changeons pas le système, l'ICANN reste en place", a admis M. Furrer. L'ICANN est l'organisation mondiale des adresses internet, basée en Californie. Les Etats-Unis ne voulaient pas d'un nouvel organisme international de contrôle. Le préambule de la déclaration de principes fait référence à la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Le paragraphe du texte sur les medias "réaffirme l'attachement aux principes de la liberté de la presse et de la liberté d'informer" mais invite les médias à "utiliser et traiter l'information de manière responsable". Les ONG participant à la préparation du sommet voulaient que la liberté d'expression sur l'internet soit affirmée de manière plus absolue. Elles accusent des pays comme la Chine ou la Tunisie, qui répriment leurs cyber-dissidents, de vouloir faire entériner par le sommet le droit des Etats à censurer la Toile. "Là aussi c'est un compromis: il n'y a pas de liberté sans limites", a commenté M. Furrer. Il a dit cependant "comprendre" la volonté des ONG de publier leur propre déclaration lors du sommet. Sur la propriété intellectuelle, dossier aux énormes implications économiques, les pays concernés "ne voulaient pas entrer dans le détail (..) car chaque mot compte", a expliqué M. Furrer. Le paragraphe 42 se contente de dire que "la protection de la propriété intellectuelle est importante pour promouvoir l'innovation et la créativité" mais que "le partage de la connaissance est important" lui aussi, pour les mêmes raisons.

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