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Astra - Hot Bird : un marché partagé

La réception directe en Europe se répartit aujourd’hui plus que jamais entre deux opérateurs de satellites, Astra et Hot Bird, dont les sociétés louent des capacités, c’est-à-dire des canaux, à leurs clients, directement des chaînes, ou des opérateurs de bouquets.

Astra 1A, lancé le 11 décembre 1988, a marqué les débuts de la réception grand public. Personne ne savait à l’époque, qu’il allait révolutionner l’organisation naissante de ce secteur d’activité. En effet, les choses ont bien changé depuis dans le ciel européen. Avant cette date, les satellites utilisés, principalement Intelsat et Eutelsat (première série), étaient destinés aux professionnels pour alimenter les émetteurs de télévision et les têtes de réseaux câblés. La révolution, ce fut donc bien Astra qui l’apporta, avec deux conceptions totalement nouvelles sur ce marché : le co-positionnement et une puissance de diffusion moyenne, mais suffisante pour pouvoir utiliser des paraboles de taille réduite (60 cm environ). Placer deux satellites, voire plus, sur la même position orbitale paraissait une gageure difficile à tenir. C’était pourtant le concept de base du système Astra. Ayant commencé avec trois satellites, Astra 1A, 1B et 1C, la SES (Société européenne des satellites) en co-positionne huit aujourd’hui à 19,2° Est. L’avantage d’une telle opération est de pouvoir offrir au téléspectateur un choix maximum de canaux (ou répéteurs) pouvant être captés avec une seule et même parabole. Les trois premiers satellites, le 1A, le 1B et le 1C utilisent des fréquences complémentaires, échelonnées entre 10,95 et 11,70 GHz, qui nécessitent que le tuner du récepteur satellite couvre les fréquences intermédiaires (FI) comprises entre 950 MHz et 1950 MHz. Ils sont encore aujourd’hui totalement dédiés à l’analogique. Pendant ce temps-là, Eutelsat, organisation européenne créée en 1977, regroupant certains opérateurs de télécommunications nationaux publics et privés, ne se souciait pas encore complètement de la réception grand public et dispersait ses satellites sur plusieurs positions orbitales à 16°, 13°, 10°, et 7° Est principalement. Leur puissance restait encore limitée (de 52 dBW à 45 dBW selon les canaux), ce qui obligeait les utilisateurs à s’équiper de paraboles un peu plus grandes, un détail pratique handicapant légèrement son implantation auprès des particuliers.

Astra, un compromis efficace
Les faits ont prouvé que les choix effectués par Astra étaient les bons : une puissance moyenne d’émission permettant d’offrir sur chaque satellite en service, 16 canaux recevables dans une vaste zone de couverture, avec des paraboles de 60 à 80 cm, et un co-positionnement des satellites, qui offre au téléspectateur un nombre plus important de programmes. Ce dernier concept accroît même sa motivation pour acquérir le matériel de réception satellite, le prix abordable des équipements, de surcroît, n’étant pas proportionnel au nombre de satellites reçus dans ce cas-là. Mais la disponibilité des canaux de diffusion ne suffit pas à elle seule pour générer des marchés de réception. La politique commerciale de la SES a été particulièrement réussie. Son premier marché fut l’Angleterre. Elle a eu la chance de signer dès la mi-88, un contrat avec Rupert Murdoch, qui lança Sky Television en février 1989, avec le succès que l’on connaît aujourd’hui. Avec le deuxième satellite Astra, ce fut le marché allemand qui devint le moteur commercial. Enfin, sur les troisième et quatrième satellites, outre le développement des deux précédents marchés, s’ajoutèrent, en nombre réduit, les pays nordiques, les Pays-Bas, l’Espagne et des chaînes multilingues attractives comme Eurosport, TNT et Cartoon Network, diffusées en une demi-douzaine de langues, dont le français. Tous ces marchés sont basés sur des programmes, voire des bouquets de chaînes, qui sont pour le téléspectateur la raison principale de son achat.

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