Les orages sont des phénomènes atmosphériques bien connus mais souvent dévastateurs dans leurs conséquences. Une de ces conséquences, liée à la nature électrique de ceux-ci, est l’atteinte voire la destruction de tout matériel électrique ou électronique.
Les
orages sont des phénomènes atmosphériques bien connus mais souvent dévastateurs
dans leurs conséquences. Une de ces conséquences, liée à la nature électrique
de ceux-ci, est l’atteinte voire la destruction de tout matériel électrique ou
électronique. Peut-on se prémunir contre ces atteintes, peut-on prendre des mesures
simples pour s’en protéger, telles sont les questions auxquelles nous voulons
répondre dans les pages qui suivent.
Avant
d’aborder les précautions à prendre, nous allons revenir sur l’origine et les
manifestations de la foudre. Vous allez sans doute découvrir des mots habituellement
utilisés par des spécialistes, météorologues, ingénieurs ou installateurs spécialisés
dans la pose de paratonnerre ou dispositifs parafoudre. Un paratonnerre est un
dispositif qui permet de se protéger des effets directs de la foudre, c’est-à-dire,
dans le langage courant, de l’éclair qui se forme entre le sol et les nuages :
le paratonnerre le plus connu est la pointe de Franklin qui permet de récupérer
“l’éclair” pour le diriger vers le sol. Un parafoudre ou dispositif parafoudre
permet de se protéger contre les effets dits secondaires de la foudre : un coup
de foudre engendre comme nous le verrons des surtensions très importantes et destructrices
dans les lignes de transmissions électriques, lignes EDF, lignes téléphoniques,
câbles de toutes natures pénétrant dans un local ou dans une habitation (descentes
d’antennes pour ce qui nous concerne) voire canalisations d’eau métalliques.
Un
phénomène naturel redoutable
Nous pouvons trouver facilement des exemples d’éclairs dans la vie courante. Lorsque
vous marchez sur de la moquette, le frottement des semelles de vos chaussures
va provoquer sur vous une accumulation de charges électriques. Si vous touchez
un objet métallique raccordé au sol, avant même que votre doigt soit en contact
de cet objet (une poignée d’ascenseur par exemple), un petit éclair ou arc électrique
va se former entre votre doigt et la poignée. Cet arc est la preuve que les charges
électriques que vous avez accumulées vous ont porté à un potentiel électrique
de plusieurs milliers de volts !
Et pourtant vous êtes encore en vie ? Oui, car l’énergie mise en jeu est faible
; la seule conséquence que vous avez subie est un picotement désagréable, mais
sans conséquence pour votre organisme. Prenons un autre exemple : les bougies
qui équipent un moteur d’automobile (à essence) sont aussi le siège d’une décharge
électrique se traduisant par un petit éclair entre l’électrode centrale et le
corps de la bougie. Cette décharge est nécessaire pour enflammer le mélange air/essence
lors de la phase de combustion du moteur. La différence de potentiel est de l’ordre
de 20000 à 50000 volts mais l’énergie nécessaire est déjà importante : ceux d’entre
vous qui auraient touché un fil de bougie débranché ont pu mesurer les effets
très désagréables de cette énergie disponible ! Le principe de l’apparition d’un
éclair d’orage est le même : il faut qu’il existe une très grande différence de
potentiel entre le nuage et le sol, plusieurs milliards de volts, compte tenu
de la distance qui les sépare.
Comment
naissent les éclairs Ces décharges
électriques ou coup de foudre représentent en fait un courant électrique transitoire
qui va égaliser la différence de potentiel électrique qui existe entre un nuage
et le sol ou entre deux nuages. Ce courant très intense, de valeur moyenne 35000
ampères en France, est compris dans une bande de fréquences allant de 1 kHz à
1 MHz ; sa durée s’échelonne entre 10 microsecondes et 100 millisecondes. Il s’accompagne
d’un effet lumineux et sonore lui aussi très intense : la température de l’éclair
dépasse 27000 degrés Celsius. Cette valeur est à comparer à la température de
la surface du soleil qui n’est que de 5600 degrés Celsius ! Cette brusque élévation
de température génère une onde choc qui va se propager dans l’air (à la vitesse
de 340 mètres par seconde), c’est le tonnerre ; le bruit du tonnerre peut être
entendu jusqu’à une distance de plus de 15 kilomètres par rapport au lieu de l’éclair.
La vitesse de l’éclair est très rapide : seulement cent fois plus petite que la
vitesse de la lumière. Ce courant génère également un fort champ électromagnétique
(champ électrique et champ magnétique) dont les effets peuvent être minimes (craquements
dans la « radio » dus aux éclairs nuages/nuages) ou importants pour des appareils
situés près de l’impact.
Lors d’un
orage 75% des éclairs prennent naissance entre deux nuages et 25% entre un nuage
et le sol. Ces éclairs correspondent à une décharge consécutive, nous l’avons
vu, à une différence de potentiel ; cette différence de potentiel est due à l’accumulation
de charges électriques de nature différente : positives et négatives. Lorsqu’un
nuage d’orage, chargé négativement, se déplace il engendre une accumulation de
charges positives au sol qui le suit comme son ombre : ces charges positives constituent
son « image » électrique. Lorsque les conditions deviennent favorables à la décharge,
l’éclair apparaît et l’on parle d’un coup de foudre négatif. Certains nuages sont
aussi porteurs de charges positives qui, avec les charges négatives du sol, vont
engendrer un coup de foudre positif ; ils sont plus rares mais développent une
énergie beaucoup plus importante et durent plus longtemps, 5 millisecondes contre
500 microsecondes pour un coup de foudre négatif. Les effets des coups de foudre
positifs sont donc encore plus dévastateurs. Sans vouloir rentrer dans les détails,
sachez cependant qu’un coup de foudre se prépare (apparition de “traceurs” qui
vont établir le chemin de l’éclair) et n’est pas unique : plusieurs “répliques”
peuvent apparaître et donner l’effet de scintillement que l’on observe en regardant
les éclairs. Un éclair s’accompagne souvent de diverses ramifications par rapport
à l’arc principal.
Où
se produisent les coups de foudre ?
Lorsque la différence de potentiel est suffisamment grande pour engendrer l’éclair,
des facteurs prédisposants vont aider à sa formation : plus un objet est haut,
donc plus proche du nuage, plus il aura de chance “d’attirer la foudre”. C’est
le cas des bâtiments, édifices, pylônes ou arbres de grande hauteur. D’autres
paramètres géologiques, tels que la résistivité (résistance électrique) et l’homogénéité
du sol, ou météorologiques, tels les vents dans une moindre mesure, peuvent influencer
la localisation du point d’impact de la foudre. En milieu agricole, chacun connaît
des sites particulièrement exposés aux coups de foudre qui répondent à ces critères.
Lorsqu’il s’agit d’étudier une installation de protection contre les coups de
foudre, il est nécessaire de connaître le niveau kéraunique du lieu : ce niveau
kéraunique représente le nombre de jours par an où l’on entend le tonnerre. Ce
niveau varie d’une région à une autre et il existe des cartes le précisant.
En France, le niveau moyen est de 20 ; il s’abaisse à 10 pour les régions côtières
et dépasse 30 dans les régions montagneuses. Météorage calcule statistiquement
la densité de foudroiement au sol (sensiblement égale au niveau kéraunique divisé
par 10) ou nombre d’impacts par an au kilomètre carré. A partir de ces éléments,
mais aussi des dimensions, des structures et de l’environnement d’un bâtiment,
il est possible d’évaluer des risques de foudroiement. Ainsi pour un niveau kéraunique
de 25, soit une densité d’impact de 2,5, le risque pour une maison individuelle
est au plus d’un foudroiement tous les huit siècles ! Pour un bâtiment collectif
de dimensions moyennes ce risque tombe à 63 ans. Mais pour un bâtiment de grandes
dimensions, le risque devient supérieur à deux foudroiements par an ; pour une
structure comme la Tour Eiffel il peut aller jusqu’à 10 !