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Quel jeu joue TPS ?

Avec le passage au « Viaccess 2 » et au « TPSCrypt », TPS a troublé les cartes du cryptage. En effet, depuis sa création, le deuxième bouquet français avait choisi un système de cryptage commercialisé par la filiale de France Télécom, Viaccess SA, qui correspond à une norme précise qui fait l’objet d’une licence commercialisée à travers le monde.

Avec le passage au « Viaccess 2 » et au « TPSCrypt », TPS a troublé les cartes du cryptage. En effet, depuis sa création, le deuxième bouquet français avait choisi un système de cryptage commercialisé par la filiale de France Télécom, Viaccess SA, qui correspond à une norme précise qui fait l’objet d’une licence commercialisée à travers le monde. Viaccess SA a vendu la licence de son cryptage à de nombreux constructeurs afin qu’ils puissent mettre sur le marché des terminaux indépendants des opérateurs fonctionnant avec la norme Viaccess. Or, l’arrivée du cryptage TPSCrypt, disponible uniquement sur les terminaux propriétaires de TPS, met en danger la pérennité de l’utilisation de la norme Viaccess par TPS…

Quand en décembre 1999, les premières cartes pirates TPS apparaissent, les responsables de TPS commencent à envisager une contre-attaque dont la première phase passe par les contre-mesures destinées à « tuer » les cartes pirates. Les effets attendus se produisent, mais au fil des mois les pirates continuent à avoir le dessus.

Fin 2000, TPS envisage un nouveau plan de combat basé sur le postulat suivant : « Le piratage passe par les terminaux libres... Nos terminaux propriétaires sont mieux protégés et l’on peut gérer les conditions d’accès de nos boîtes par téléchargement ». A partir de là, germe l’idée de séparer les deux parcs de terminaux sachant que le gros du parc (90 %) est constitué des terminaux propriétaires. De plus, en utilisant deux systèmes de cryptage, un pour les terminaux propriétaires, un pour les terminaux libres, on peut éviter de changer toutes les cartes, ce qui constitue une grosse économie, si l’on sait que changer une carte revient environ à 15 euros !

Du Viaccess au « TPSCrypt »
Pour rendre « inviolable » le cryptage des terminaux propriétaires, TPS, en collaboration étroite avec Viaccess SA met au point un système de cryptage propriétaire, que l’on a baptisé par facilité, « TPSCrypt », qui est, en fait, toujours du Viaccess, mais légèrement modifié grâce aux ressources du moteur d’interactivité « OpenTV » embarqué en exclusivité dans les terminaux propriétaires de TPS, fabriqués par Sagem et Thomson. Lancé en mai dernier, le TPSCrypt a été rapidement piraté : Il n’a fallu que 15 jours pour le rendre exploitable par des cartes pirates sur des terminaux non-propriétaires… Parallèlement, le Viaccess 2, lancé à la même époque exclusivement pour les terminaux libres grâce à de nouvelles cartes de la série Viaccess PC2.4 résiste bien… et à ce jour, il est toujours inviolé.

Mais le TPSCrypt n’a pas dit son dernier mot : en effet une de ses ressources très dommageable aux cartes pirates est son évolutivité : Le mariage « OpenTV/Viaccess » permet de transformer les caractéristiques du cryptage en temps réel (cryptage « mutant ») et de rendre l’utilisation des cartes pirates inopérante. Ces possibilités n’ont jamais été utilisées par TPS depuis le démarrage du TPSCrypt… mais cela ne va pas durer ! Selon nos informations, le TPSCrypt va commencer ses « mutations » dans les semaines qui viennent afin de rendre caduques toutes les cartes pirates actuellement en service. Ces opérations seront renouvelées périodiquement pour réduire à néant les actions de piratage.

TPS compte sur la lassitude des utilisateurs qui verront leurs cartes « mortes » à chaque mutation de cryptage. Outre le postulat, tout à fait techniquement contestable, nous expliquant que le piratage passe par les terminaux libres, le parc de terminaux propriétaires est une « manne » financière non négligeable pour un opérateur de bouquet.

Un parc propriétaire
En effet, une fois les premiers investissements réalisés pour les études et la fabrication industrielle du produit (commandes fermes auprès des constructeurs), et la mise en place du réseau de commercialisation, les revenus de la location sont importants (sur 1 million d’abonnés à 8 euros par unité, cela fait quelque 8 millions d’euros par mois… 96 millions d’euros en un an !). Laisser partir ces revenus chez les revendeurs et les constructeurs de terminaux libres ne serait pas une bonne affaire… En se servant du prétexte de la lutte contre le piratage du bouquet pour conserver un parc de terminaux propriétaires le plus important possible, TPS joue un « drôle de jeu », un jeu dangereux pour le marché des terminaux à la vente et la libre concurrence.

 

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