Le droit à l'antenne
Contrairement aux idées reçues, l'installation d'une antenne individuelle, hertzienne ou satellite, est libre ! Il faut toutefois respecter les règles juridiques du droit à l'antenne. Ces démarches, parfois contraignantes, vous ouvriront à coup sûr les portes du ciel satellitaire.
Contrairement aux idées reçues, l'installation d'une antenne
individuelle, hertzienne ou satellite, est libre ! Il faut toutefois respecter
les règles juridiques du droit à l'antenne. Ces démarches, parfois contraignantes,
vous ouvriront à coup sûr les portes du ciel satellitaire. L'installation
d'une antenne parabolique est effectivement un droit garanti par la loi.
La base légale du droit à l'antenne
La liberté de réception audiovisuelle est une liberté fondamentale issue
du droit à l'information proclamé par l'article 11 de la Déclaration des Droits
de l'Homme et du Citoyen de 1789 qui fait partie intégrante de la constitution
de la Ve République. Ainsi en a décidé le Conseil constitutionnel dans sa décision
N°86-217 du 18 Septembre 1986. Cette liberté est également proclamée par l'article
10 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme, ratifiée
par la France en 1974. En droit interne, la liberté de réception audiovisuelle
a été aménagée par la loi N°66-457 du 2 Juillet 1966 modifiée deux fois par
les lois N°90-117 du 23 Décembre 1990 et N°92-653 du 13 Juillet 1992 et par
son décret d'application N°67-1171 du 22 Décembre 1967, lui-même modifié par
un décret du 27 Mars 1993.
Le droit de réception audiovisuelle s'applique à tout citoyen, qu'il habite
en maison individuelle, en logement collectif ou qu'il soit locataire ou copropriétaire.
Si le propriétaire, locataire ou occupant de bonne foi bénéficie du principe
de liberté d'installation, il devra néanmoins se conformer à la procédure définie
par le décret du 22 Décembre 1967 pour pouvoir exercer son droit.
En effet, l'article 1er alinéa 1 de la loi du 2 Juillet 1966 dispose que :
«Le propriétaire ne peut, nonobstant toute convention contraire, même antérieurement
conclue, s'opposer, sans motif sérieux et légitime, à l'installation, à l'entretien
ou au remplacement, aux frais d'un ou plusieurs locataires ou occupants de bonne
foi, d'une antenne extérieure réceptrice de radiodiffusion. Il ne peut, dans
les mêmes conditions, s'opposer au raccordement d'un locataire ou occupant de
bonne foi à un réseau distribuant par câble des services de radiodiffusion sonore
ou de télévision».
Quelles
sont vos obligations ?
Le décret du 22 Décembre 1967 décrit la procédure à suivre par le copropriétaire,
le locataire ou l'occupant de bonne foi pour effectuer la pose d'une antenne
individuelle. Ainsi, il dispose en son article 1er : « Avant de procéder aux
travaux d'installation, d'entretien ou de remplacement d'une antenne réceptrice
de radiodiffusion sonore ou de télévision, ou d'une antenne émettrice et réceptrice
de radiodiffusion d'une station d'amateur ou aux travaux de raccordement à
un réseau câblé mentionnés par l'article 1er de la loi n°66-457 du 2 Juillet
1966 susvisée, le locataire ou l'occupant de bonne foi doit en informer le
propriétaire par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Une
description détaillée des travaux à entreprendre est jointe à cette notification,
assortie s'il y a lieu, d'un plan ou d'un schéma, sauf si l'établissement
de ce plan a été rendu impossible du fait du propriétaire. La notification
doit indiquer également la nature du ou des services de radiodiffusion sonore
ou de télévision dont la réception sera obtenue à l'aide de l'installation
individuelle ». Le locataire, ou l'occupant de bonne foi, avant de procéder
aux travaux d'installation de l'antenne individuelle, doit effectuer une demande
auprès du propriétaire de l'immeuble, ou à l'administrateur de biens de celui-ci
ou encore au syndic de copropriété qui administre l'immeuble où le demandeur
habite. Dans le cadre d'une copropriété, le propriétaire, locataire ou l'occupant
de bonne foi adressera sa demande aux copropriétaires et au syndic (article
1 du décret du 22 Décembre 1967). Si l'immeuble appartient à une société,
la demande doit être adressée au représentant légal de celle-ci et, le cas
échéant, au porteur de parts qui a consenti le bail.
Quelles réponses à attendre ?
Le propriétaire saisi d'une demande d'installation d'une antenne individuelle
par un locataire ou tout occupant de bonne foi devra à peine de forclusion,
saisir le Tribunal d'instance dans le délai de trois mois, s'il entend
s'opposer à la demande qui a été formulée. Le
Tribunal d'instance statuera sur le bien-fondé de la demande pour autoriser
ou non la pose d'antenne.
Si le propriétaire
ne saisit pas le Tribunal d'instance dans le délai de trois mois, le
droit d'installer l'antenne par le locataire ou l'occupant de bonne foi sera
réputé acquis. Dans le cadre d'une copropriété,
le syndic devra après réception de la demande formulée
par le copropriétaire, locataire ou l'occupant de bonne foi, convoquer
une Assemblée générale afin de statuer sur la demande
d'installation de l'antenne individuelle (article 17 de la loi du 10 Juillet
1965). Par ailleurs, si le syndic ne procède pas à la convocation
de l'Assemblée générale ou si le Tribunal d'instance
n'est pas saisi dans le délai de trois mois, le droit sera réputé
acquis pour le copropriétaire, le locataire ou l'occupant de bonne
foi d'installer son antenne.
L'Assemblée générale qui aura été convoquée,
devra statuer à la majorité établie à l'article
1 de la loi du 10 Juillet 1965, qui dispose que la décision doit être
prise à la majorité des voix de tous les copropriétaires.
Si la copropriété entend s'opposer à la pose de l'antenne,
suite au vote de l'Assemblée générale, elle devra saisir
le Tribunal d'instance du lieu de l'immeuble dans le délai de trois
mois à peine de forclusion. En effet, le pouvoir de rejeter la demande
n'appartient pas à la copropriété mais au Tribunal d'instance
qui statue sur le bien-fondé de la demande. Que l'immeuble soit possédé
par un seul propriétaire ou par une copropriété, le propriétaire
ou la copropriété pourra s'opposer à la demande du copropriétaire,
du locataire ou de l'occupant de bonne foi, en lui opposant des motifs légitimes
et sérieux tels que l'installation d'une antenne collective ou le raccordement
au réseau câblé, afin de préserver l'esthétique
de l'immeuble. Mais d'une manière générale, il est bon
de noter que la jurisprudence est constamment favorable à la pose de
paraboles.
Rabah Goudjil