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Numérique clair : une véritable alternative !

La diffusion numérique en France s’est développée grâce aux bouquets cryptés et payants. Véritables moteurs commerciaux, ils ont permis d’initialiser le parc de terminaux de réception.

La musique, avec une dizaine de chaînes en clair, est déjà une raison sufisante, pour les mélomanes, de s’équiper en réception satellite numérique.

La diffusion numérique en France s’est développée grâce aux bouquets cryptés et payants. Véritables moteurs commerciaux, ils ont permis d’initialiser le parc de terminaux de réception. Désormais, le nombre de récepteurs est important et leurs prix sont plus accessibles, ce qui permet le développement des chaînes en clair. Un concept connu depuis longtemps des Allemands, mais que d’autres commencent aussi à adopter, dont les traditionnelles chaînes analogiques déjà existantes ou grand nombre de chaînes italiennes.

En France, avant le numérique, l’essentiel des équipements de réception satellite était destiné à capter des chaînes en clair, notamment les Françaises sur Télécom 2B, les chaînes arabes sur Eutelsat (16° Est), et, dans une moindre mesure, les Allemandes sur Astra. À cela s’ajoutait le premier bouquet français satellitaire payant, Canalsatellite, version analogique sur Télécom 2A, qui a compté au plus grand de son succès 350 000 abonnés… Avec le numérique, les offres concurrentielles de Canalsatellite et TPS, ainsi que, plus marginalement, celle d’AB Sat, ont fait exploser un nouveau parc de réception, en numérique, qui compte aujourd’hui environ 2,3 millions d’abonnés, rien qu’en France, soit autant de terminaux capables, en théorie, de recevoir non seulement les chaînes numériques cryptées, mais également des chaînes en clair. En théorie seulement… Car entre le récepteur de Canalsatellite, dénommé Mediasat, premier terminal numérique sur le marché français, et celui de TPS, les chaînes en clair sont plutôt malmenées (voir articles consacrés aux terminaux numériques). Seul le X-Sat, qui a été commercialisé par le troisième bouquet français, AB Sat, était adapté à la réception de ces chaînes, tout comme les nombreux terminaux « libres » sortis ensuite. Les terminaux « propriétaires », type Canal ou TPS, autrement dit, dédiés à ces bouquets, ne constituaient donc pas le matériel idéal pour recevoir les chaînes en clair. Heureusement, après une période de monopole de fait sur le marché des récepteurs numériques, les gammes de terminaux ont commencé à se développer et on trouve aujourd’hui de nombreux modèles, produits par des constructeurs indépendants. L’ensemble des terminaux disponibles sur le marché français (dont certains peuvent recevoir plus de chaînes en clair que d’autres) est présenté dans les pages 106 et suivantes. Le nombre de modèles devrait encore s’accroître, certains permettant de recevoir non seulement les chaînes en clair, mais également les offres cryptées, avec les abonnements appropriés. L’arrivée de la diffusion numérique en Europe était donc synonyme, au départ, de bouquets cryptés et payants.

Les Allemands toujours clairs
Basket sur DSF
Ce sont les Allemands qui ont brisé en premier ce rapport entre le numérique et le péage, en diffusant, en clair sur Astra ou le Hot Bird, la totalité de l’offre télévisuelle en langue allemande, déjà disponible en analogique sur le territoire allemand ou par satellite. Le service public d’ARD et ZDF a été le moteur de cette nouvelle offre qui a modifié l’approche des bouquets numériques. La situation télévisuelle allemande est un cas très spécifique en Europe. Les chaînes en clair, qu’elles soient privées ou publiques, étaient et sont toujours diffusées en clair et en analogique, en grande majorité sur Astra (quelques-unes sur le Hot Bird), et ce, depuis plusieurs années. Le succès de la réception satellite dans les pays de langue allemande, avec plus de dix millions de paraboles, prouve que l’intérêt du public pour toutes ces chaînes était important. L’arrivée du numérique, et plus particulièrement du bouquet crypté germanique, DF 1, dans ce paysage télévisuel principalement en clair, déjà bien fourni et de qualité, ne pouvait être un succès à lui seul. En effet, les chaînes de DF 1 ne présentaient pas une programmation suffisamment attractive pour séduire les consommateurs allemands, comme peut l’être la chaîne Premiere par exemple, équivalent de Canal+ outre-Rhin. DF 1 et Premiere sont aujourd’hui proposés dans une même offre (Premiere World). Pour faire passer tous les téléspectateurs allemands, équipés d’un kit analogique satellite, à la réception numérique, il fallait impérativement proposer en numérique, au moins les mêmes chaînes que celles diffusées en analogique, plus un nouveau bouquet attractif.

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