Les zones de couverture
Parmi les quelques 5000 questions auxquelles nous avons répondu depuis un an sur le site www.telesatellite.com, plus d'un tiers concerne les difficultés de réception liées aux zones de couverture.
Parmi les quelques
5000 questions auxquelles nous avons répondu depuis un an sur le site www.telesatellite.com,
plus d'un tiers concerne les difficultés de réception liées aux zones de couverture.
De Nilesat à Hot Bird, de Amos à Astra en passant par Télécom 2C, vous avez souvent
des problèmes pour comprendre pourquoi, en fonction de votre lieu de résidence,
vous recevez mal, partiellement ou pas du tout tel ou tel satellite, voire telle
ou telle partie des chaînes diffusées. Ces difficultés ne sont pas dues au hasard
: elles correspondent aux caractéristiques techniques d'émission des satellites
qui déterminent leurs zones de couverture.
| Comment lire une carte
de zones de couverture ? |
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Les cartes de zones de couverture
publiées officiellement par chaque opérateur satellite peuvent se présenter légèrement
différemment, mais dans tous les cas on retrouve les caractéristiques suivantes
:
- Une carte géographique,
plus ou moins précise présentant la région où le satellite est reçu.
- Des lignes déterminant
les différents niveaux de réception. Ces lignes peuvent être parfaitement concentriques
ou ouvertes. Au centre de la zone, la réception est la plus forte. Le niveau de
réception est exprimé en dBW. A chaque ligne le niveau décroît de un ou plusieurs
dBW (en fonction de l'échelle choisie) : elle correspond à un niveau de Pire*
qui est censé être constant jusqu'à la ligne suivante. Ainsi dans une zone entre
deux lignes on considère la Pire* moyenne entre la ligne précédente et la ligne
suivante.
- Une fois lu le niveau de
Pire*, vous devez consulter le tableau le convertissant en diamètre de parabole
en fonction de la qualité du convertisseur.
Par exemple,
sur cette carte de couverture du satellite Eurasiasat, vous constatez que la Pire*
dans la zone centrale (la plus rose) est de 53 dBW, puis à la ligne suivante de
52, 50, 48, etc., jusqu'à 40 dBW. Remarquez que plus on se rapproche de la bordure
externe plus les zones sont petites, ce qui signifie que le signal se dégrade
vite... En dehors des zones colorées de la carte, la réception est théoriquement
trop faible pour être fiable. C'est là que la pratique et l'expérience doivent
jouer afin de voir si le satellite est reçu et dans quelles conditions. Rappelons
que certains rapports nous ont prouvé que des paraboles de grandes dimensions
pouvaient réussir à capter, dans certains pays d'Afrique subsaharienne, certains
transpondeurs des satellites Astra ou Hot Bird, ce qui est totalement exclu des
zones de couverture théoriques !
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D'après ces zones
de couverture qui sont établies par les constructeurs de satellite, on dresse
des cartes où figurent les différentes courbes retraçant les formes et les puissances
théoriques du signal à la réception. Ainsi il est facile de voir, en consultant
ces cartes, si la réception du satellite est possible dans la zone où l'on habite.
Mais, malheureusement les choses ne sont pas aussi simples que le voudraient les
théories physiques et mathématiques... La pratique de la réception est parfois
bien différente de ce que les ingénieurs ont prévu...
Puissances
accrues
A l'origine, la puissance des satellites était relativement faible et les faisceaux
réduits au strict minimum (faisceau unique) et les zones de couverture homogènes.
Si vous regardez les « vieilles » cartes de couvertures vous verrez que le contour
de l'empreinte du faisceau est vaste, très régulière et homogène, desservant aussi
bien les zones habitées que les mers... Au fur et à mesure de l'évolution des
technologies de construction des satellites, non seulement la puissance des TOP
(Tubes à ondes progressives) a augmenté de 60 watts pour le 1er Astra (décembre
98) à 120/130/140 watts pour les dernières générations, mais les antennes d'émission
ont pu être « modelées » de manière à affiner les zones de couverture en les rendant
plus précises et mieux ciblées. Ces deux éléments combinés ont permis d'augmenter
la Puissance Isotrope Rayonnée Effective (Pire*) au sol, ce qui facilite la réception
des émissions en permettant l'utilisation de parabole de petite dimension. C'est
en effet la Pire qui détermine directement le diamètre de la parabole (voir encadré)
: plus la Pire est élevée, plus la parabole est petite....
Faisceaux
variés
Les choses seraient simples si il n'y avait qu'un satellite à une position orbitale
donnée, et qu'un unique faisceau sur ce satellite. A de rares exceptions, ce n'est
plus le cas... loin de là ! Le nombre de transpondeurs** s'est multiplié et le
nombre des antennes d'émission a crû. De plus, il existe aujourd'hui, non seulement
des antennes d'émission fixes, mais également des antennes mobiles qui permettent
à l'opérateur satellite d'arroser précisément, et à la demande d'un client, une
zone précise dans sa couverture. C'est ainsi que le satellite Eutelsat W2 dont
la zone de couverture via antennes fixes est l'Europe, le Maghreb et Moyen-Orient,
arrose également l'Océan Indien (centrage sur Madagascar) à la demande de Média
Overseas (Canalsatellite Réunion) et de Parabole Réunion.
Sur
Hot Bird
La variété des faisceaux peut donc facilement vous dérouter : l'exemple le plus
flagrant c'est celui des satellites Hot Bird, qui comportent deux faisceaux différents
le « wide beam » (faisceau large) et le « super beam » (super faisceau). Si vous
regardez les deux cartes ci-dessous, vous constatez que les « zones de couverture
» et les « Pire » au sol sont différentes. Selon l'endroit où vous vous trouvez
pour recevoir les signaux de ces satellites, la différence peut avoir des incidences
sur la réception. Par exemple, à Dubaï vous recevez très bien le « faisceau large
» et pas du tout le « super faisceau » : en fonction des transpondeurs qui utilisent
le « large » ou le « super », vous recevrez les émissions ou non.


Sur
Astra
Le même phénomène se complique sur les satellites Astra positionnés à 19,2° Est,
où les différents faisceaux sont liés à la fois au satellite et à la polarisation,
ce qui a pour résultat de produire quatre zones de couverture par satellite, soit
au total plus de vingt zones différentes sur une seule position orbitale. Là encore,
si vous habitez en France, vous voyez que toutes les zones de couverture se recoupent,
ce qui, quel que soit le satellite, le faisceau, la polarisation ne provoque de
différence notable de Pire au sol.

Remarquez que certains
satellites Astra sur certaines polarisations comportent un faisceau « spot » supplémentaire
qui couvre les îles Canaries. En étant dans la zone Canaries, si vous cherchez
à capter des fréquences qui ne sont pas sur ce faisceau, il ne faut pas vous étonner
de ne rien recevoir....
Par contre, en
limite de ces zones qui n'ont pas toutes les mêmes couvertures, la réception n'est
plus homogène, loin de là. En fonction des fréquences et des polarisations, vous
pouvez ou non recevoir les émissions. Bien entendu tout dépend de la dimension
de la parabole : ceci explique pourquoi au Maghreb vous captez plus ou moins complètement
les différents bouquets diffusés sur les satellites Astra. Notez que ce qui est
valable pour les satellites Astra à 19,2° Est l'est aussi pour les satellites
Astra de la série 2 co-positionnés à 28,2° Est. Pour bien comprendre les problèmes
que vous pouvez avoir dans la réception de ces deux positions orbitales, Astra/Hot
Bird, il faut donc consulter à la fois les tableaux des satellites publiés mensuellement
au centre de Télé Satellite et en ligne, mis à jour quotidiennement, sur notre
site « www.telesatellite.com » ainsi que les zones de couverture publiées annuellement
dans la Compil Télé Satellite et en ligne sur notre site « www.telesatellite.com
».