Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Mardi 25 Mars 2003 à 00:00

Al-Jazira en première ligne

Al-Jazira se place en première ligne dans sa couverture de la guerre en Irak, malgré des critiques aux Etats-Unis, confirmant la stature régionale voire internationale d'une chaîne qui a acquis la célébrité dans une autre guerre, l'Afghanistan, et la traque d'Oussama ben Laden.

Avec des équipes de reporters à Bagdad, Bassorah et Oum Qasr (sud), Mossoul (nord) et au Kurdistan irakien, Al-Jazira assure une couverture en continu d'une guerre largement suivie dans la région et dans le monde. De son bureau à Bagdad, elle a le privilège d'être parmi les premiers médias à occuper le terrain, bénéficiant parfois de la faveur des autorités pour la retransmission de scènes de sites bombardés. "Où est Al-Jazira?", demandait le ministre irakien de l'Information Mohamed Saïd Al-Sahhaf en emmenant un groupe de journalistes le week-end dernier sur le site d'un palais présidentiel bombardé par la coalition américano-britannique.

Ce traitement de faveur s'accompagne d'une diligence dans la diffusion des messages télévisés de Saddam Hussein et des conférences de presse données par les dirigeants irakiens à Bagdad depuis le début de l'offensive. Reprise par des médias internationaux, Al-Jazira voit son logo s'afficher sur plusieurs chaînes de télévision de renommée, à l'instar de la chaîne américaine CNN, aujourd'hui interdite d'opérer depuis Bagdad. Al-Jazira, lancée en 1996 au Qatar, un petit pays aux ambitions politiques limitées, s'est retrouvée sous le feu des critiques avec la diffusion dimanche d'images reprises de la télévision d'Etat irakienne et montrant des corps ensanglantés et des prisonniers de guerre aux mains de l'Irak, présentés comme des Américains.

La diffusion de ces images a suscité une vive réaction à Washington, à Londres et ailleurs en Occident, où des appels ont été lancés pour réclamer le respect de la Convention de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre. "Il me semble que montrer quelques images sur un écran, sans savoir qui ils sont (les prisonniers) et diffusées par Al-Jazira, qui n'est pas un instrument parfait de communication, fait évidemment partie de la propagande irakienne", a déclaré le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld.

La réaction de Washington, qu'Al-Jazira se refuse de commenter, rappelle les pressions que les autorités américaines avaient exercées sur la chaîne qatariote, y compris au plus haut échelon politique, pour sa couverture de la guerre en Afghanistan fin 2001, jugée par Washington favorable à la milice intégriste des Talibans et au réseau terroriste Al-Qaïda d'Oussama ben Laden. La diffusion des messages de ben Laden, qu'Al-Jazira obtenait souvent en exclusivité, ont ajouté à la notoriété de la chaîne, ces documents étant observés à la loupe dans les principales capitales occidentales, engagées dans la traque du chef d'Al-Qaïda.

Même si elle s'est attirée les foudres de quelques gouvernements arabes pour certaines de ses émissions, pas toujours à leur goût, Al-Jazira a enrichi le paysage télévisé dans le monde arabe où les spectateurs ont été conquis par son franc-parler. La chaîne émiratie Abu Dhabi TV, dont le logo est également apparu sur des chaînes occidentales pour sa couverture de la guerre en Irak, ainsi qu'Al-Arabiya, une chaîne d'informations en continu lancée en février à Dubai et à capitaux saoudiens, koweitiens et libanais, cherchent aussi à prendre leur envol à la faveur de l'invasion de l'Irak.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution