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Mercredi 26 Mars 2003 à 00:00

Dans la guerre de la communication, Bagdad n'a pas dit son dernier mot

Américains et Irakiens se livrent un autre type de guerre, celle de la communication, dans laquelle Bagdad n'a pas dit son dernier mot, selon des experts.

Tout belligérant manie propagande et guerre psychologique, comme en témoignent l'annonce par les Américains de la mort de Saddam Hussein avant la réapparition du raïs à la télévision, la fuite supposée puis démentie du vice-Premier ministre Tarek Aziz, les images de prisonniers des deux côtés, ou celles d'avions américains larguant des tracts et bombardant les ondes irakiennes de programmes radiodiffusés.

Mais pour Dominique Wolton, maître de recherche au CNRS et spécialiste de la communication, "le plus grand coup de guerre psychologique des Irakiens, qui renvoie à une intelligence ancestrale du type "Contes des Mille et une Nuits", c'est l'affaire des sosies de Saddam Hussein". "Vraie ou fausse, la rumeur selon laquelle il y a plusieurs sosies et qu'on ne sait jamais où est le véritable Saddam Hussein dépasse totalement la pensée rationnelle et a soufflé les Occidentaux", juge cet expert pour qui "les Irakiens alimentent aussi l'incertitude en diffusant des images dont on n'arrive pas à identifier la date".

Pour le général Loup Francart, directeur de la société Eurodécision-AIS, spécialisée dans l'intelligence stratégique et la gestion de crise, les Américains ont de leur côté commis l'erreur d'annoncer que Saddam Hussein avait été blessé voire tué dans les premiers bombardements. "Annoncer la mort de quelqu'un sans en être certain est un très mauvais procédé. Au delà de la manipulation psychologique, cela traduit une difficulté d'interpréter des renseignements et revient à dire trop tôt des choses dont on n'est pas certain".

Pour ce général à la retraite auteur du livre "La guerre du sens, ou comment agir dans les champs psychologiques", "disposer de tout le matériel nécessaire pour envoyer des tracts, inciter les soldats de Saddam Hussein à la reddition et diffuser par haut-parleurs des messages à la population, ne garantit pas forcément une efficacité certaine en matière d'opération psychologique" car "le problème n'est pas tant ce qu'on fait que la façon dont c'est perçu".

Ainsi, selon lui, "on on ne peut pas dire que les tracts aient eu l'effet escompté et que les Irakiens ont accueilli les Américains à bras ouverts". De fait, reconnaissait mercredi le général américain en retraite Bernard Trainor, du "Council of Foreign Relations", "ce qui ne va pas, même si l'administration ne l'admet pas, c'est que les Américains ne sont pas accueillis à bras ouverts comme ils l'espéraient". Ils ont en outre "sous-estimé les forces de sécurité et les fedayine", ces paramilitaires très mobiles dirigés par le fils aîné du président irakien, Oudaï, qui multiplient les opérations coups de poing contre les Américains, souligne ce général dans une interview au Washington Post, en concluant : "nous en payons maintenant le prix".

A la différence de la guerre du Golfe où le Pentagone monopolisait l'accès à l'information sur le terrain, il y a désormais aussi sur place la chaîne qatariote Al-Jazira, qui a diffusé la première les images de soldats américains prisonniers et tués. Et si les images de bombardements massifs de Bagdad vendredi dernier visaient pour les Américains à assurer leur suprématie psychologique, elles ont aussi ému le monde arabe et renforcé les sentiments anti-américains dans la région, soulignent ces experts.
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