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Samedi 29 Mars 2003 à 00:00

Les communications spatiales dopées par le conflit en Irak

Les opérateurs de télécommunications par satellite enregistrent un fort accroissement du trafic depuis plusieurs semaines dans la région du Golfe en raison d'une consommation très gourmande des médias mais aussi d'une demande croissante, bien que marginale, des armées.

"Il y a une grosse tension sur l'utilisation des capacités civiles de télécommunications spatiales dans la région. Cela avait déjà été le cas lors de la première guerre du Golfe et CNN avait même été plus réactive que l'armée pour obtenir des capacités", a indiqué à l'AFP Nathanaël G. Chabert, directeur technique du London Satellite Exchange, courtier en communications spatiales. "Les plus gros utilisateurs sont les médias qui ont une consommation monstrueuse et ont besoin de l'équivalent d'un demi satellite au total. Les principaux ont réservé des capacités pour 6 mois ou un an", ajoute-t-il.

Pour répondre à l'encombrement du trafic, l'opérateur Inmarsat a alloué il y a quelques jours de nouvelles capacités sur la région et affirme assurer une disponibilité de ses services "à 99,99%", soit l'équivalent de 20 minutes de coupure sur un an, selon un porte-parole de ce consortium international. "Le nombre de journalistes mobiles ou incorporés dans des unités est conséquent et entraîne une utilisation accrue du téléphone vidéo, qui permet d'assurer une retransmission en direct et au plus près de l'action", souligne t-il.

L'intervention en Afghanistan a été le déclencheur de l'utilisation du téléphone vidéo Inmarsat par les médias qui demandent "toujours plus de débit". Chez l'opérateur européen Eutelsat, où l'on note un "accroissement progressif du trafic" depuis plusieurs mois, on souligne que cette guerre vient "démontrer l'importance du satellite". "Le trafic a augmenté de 30% à 40%, selon les services et le débit, par rapport à début janvier et devrait se maintenir sur les trois ou quatre semaines à venir", relève de son côté Sabine Rouhier, porte-parole de la société française TDCom, qui vend et loue matériel et services de télécoms spatiales.

"La vente de matériel satellitaire a augmenté de 15% à 20% depuis le début de l'année. Mais les utilisateurs préfèrent souvent louer plutôt que d'investir, car ils parient sur un conflit plutôt court, explique-t-elle. Les locations ont quasiment doublé, ajoute-t-elle. Pour M. Chabert, "c'est une manne qui ne va pas bouleverser l'état de l'industrie spatiale, qui est dans un état catastrophique". "Le conflit en Afghanistan a permis à plusieurs opérateurs d'échapper à la faillite grâce à des contrats d'un an. Mais sur l'Irak, la tendance est plutôt à des contrats de six mois", ajoute le responsable du London Satellite Exchange.

Outre les besoins des médias, les opérateurs trouvent quelques débouchés dans les contrats signés avec l'armée. "Pour les armées, il s'agit d'une utilisation de capacités civiles qui vient compléter et non remplacer leurs propres capacités militaires", précise M. Chabert. "Elles les utilisent principalement pour le confort de la troupe, comme le contact avec les familles, ou pour la transmission de grosses quantités de données moyennement stratégiques qui font alors l'objet d'un cryptage", ajoute-t-il.

Plusieurs opérateurs ont signé des contrats avec l'armée américaine au cours des derniers mois, sur lesquels ils restent discrets. L'américain Panamsat a crée mi-mars une division spécifique pour répondre aux besoins militaires américains. "Que ce soit les communications sur le champ de bataille, les systèmes de surveillance et de guidage ou la transmission sécurisée de données, les besoins des autorités américaines augmentent constamment", estimait récemment Joe Wright, pdg de l'américain Panamsat et ancien de l'administration Reagan.
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