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Mardi 1 Avril 2003 à 00:00

Il faut sauver l'INA

L'Institut national de l'audiovisuel (INA) est engagé dans une course contre la montre pour sauver la mémoire de la radio et de la télévision françaises: si rien n'est fait, 40% des archives seront irrémédiablement perdues.

Un programme de numérisation des fonds a bien été engagé en 1999 mais à un rythme insuffisant pour espérer sauver certains supports (films, bandes magnétiques, disques...) dont la conservation ne pourra excéder 15 ans. Il faut donc donner un sérieux coup d'accélérateur. "La totalité de l'opération représente quelque 150 millions d'euros", a expliqué à l'AFP Emmanuel Hoog, président de l'INA, "il nous manque aujourd'hui environ 40% de cette enveloppe soit 70 millions d'euros sur dix ans".

Mardi, l'INA réunit bon nombre de professionnels et de dirigeants de l'audiovisuel européen à l'Assemblée nationale pour répondre aux questions du moment: faut-il tout sauvegarder et sinon quels critères de sélection retenir, quels sont les enjeux économiques ou encore, peut-on se passer d'archives? L'INA conserve 910.000 heures de programmes de radio et 860.000 heures d'émissions télévisées.

Depuis 1999 et les premières opérations de numérisation, les estimations sur les fonds menacés ont été revues à la hausse (335.000 heures pour la télévision et 500.000 pour la radio). "C'est un problème mondial et la France est de ce point de vue plutôt en position d'excellence", relativise cependant Emmanuel Hoog. Selon lui, "deux pays, l'Italie et la Grande-Bretagne, avec la RAI et la BBC, forment avec l'INA le trio de tête". Mais ailleurs, augure-t-il, ce sont "des pans entiers de l'histoire de l'humanité ou de sa mémoire des cinquante dernières années qui vont disparaître".

En France, la numérisation des programmes télévisés des années 50 et 60 a déjà permis d'exhumer de nombreuses pépites: Valéry Giscard d'Estaing, jeune secrétaire d'Etat aux Finances, expliquant la crise économique aux Français (1959), première apparition de Serge Reggiani à la télévision dans le rôle du commissaire Prévôt (1956), les Rolling Stones avec Denise Fabre (1964), un Cyrano de Bergerac réalisé par Claude Barma avec Daniel Sorano (1960), un Voyage en Afghanistan de Joseph Kessel (1967)...

Pour Emmanuel Hoog, le plus simple serait encore de tout conserver. "La sélection est un chantier très complexe, on recueille autant d'avis que de gens sollicités sur ce qui est le plus important, le sport, les émissions religieuses, les jeux, le fond national, le fond régional, etc.", relève-t-il. Pour le président de l'INA, une politique de sélection s'avèrerait ainsi plus coûteuse qu'une numérisation systématique des fonds. "Il faut tout regarder pour vérifier ce qui a un intérêt ou pas et, pendant ce temps, la dégradation se poursuit", argue-t-il.

Concrètement, la question est au coeur de la négociation du prochain "contrat d'objectifs et de moyens" qui liera l'INA à l'Etat pour quatre ou cinq ans à compter du 1er janvier 2004. "L'accélération du plan de sauvegarde en sera le sujet principal et essentiel", souligne Emmanuel Hoog.
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