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Mardi 15 Avril 2003 à 00:00

Faillite de Grundig

Le grand nom allemand des téléviseurs et autoradios Grundig a déposé son bilan, sonnant le glas de l'électronique grand public "made in Germany" face à la pression d'une concurrence asiatique meilleur marché.

Croulant depuis plusieurs années sous les problèmes financiers, le groupe cherchait depuis des mois un partenaire pour assurer sa survie. En vain. En moins d'un mois, Grundig a essuyé deux échecs. Le groupe turc d'électronique Beko a renoncé la semaine dernière à son projet de rachat. Quelques semaines auparavant, le taïwanais Sampo avait ouvert le bal des défections, après s'être pourtant engagé en janvier à prendre une participation majoritaire dans Grundig. Des revers de dernière minute qui ont coûté sa place au patron du groupe, Hans-Peter Kohlhammer.

Et forcé Grundig à déclarer forfait. Ce dépôt de bilan vient grossir la liste déjà longue des entreprises acculées à la faillite en Allemagne: le nombre de défaillances a atteint 37.500 l'an passé, sur fond de fort ralentissement conjoncturel. Dans le seul Etat régional de Bavière (sud), où est basé Grundig, les dépôts de bilan spectaculaires se sont multipliés ces derniers mois, avec de nombreuses suppressions d'emplois à la clef: celui de l'empire des médias Kirch ou encore de l'avionneur Fairchild Dornier.

Surtout, la débâcle du grand nom des téléviseurs et autoradios finit de mettre à genou le secteur allemand de l'électronique grand public face à la concurrence asiatique qui a eu l'effet d'une lame de fond. Petite entreprise familiale fondée en 1945, Grundig impose rapidement dans les foyers allemands ses radios, puis ses postes de télévision. Dans les années 60, il est l'un des premiers à offrir le petit écran en couleur. Des succès foudroyants qui confèrent au groupe une stature internationale. En 1979, l'entreprise qui emploie quelque 38.000 personnes dans le monde, passe pour un symbole du miracle économique allemand d'après-guerre.

Mais la déferlante d'équipements asiatiques à prix cassés sur le marché allemand dans les années 80 marque le début d'un déclin inexorable, pour Grundig comme pour les autres acteurs allemands du secteur. Pour la première fois, en 1980, l'entreprise voit son chiffre d'affaires reculer et doit licencier des milliers d'employés. Son alliance avec le géant de l'électronique néerlandais Philips, en 1984, ne parvient pas à l'extraire du marasme. Exaspéré, son partenaire claque la porte en 1997.

Désormais aux mains d'un investisseur allemand, Anton Kathrein, Grundig continue de s'enfoncer dans le rouge: sa perte nette devrait s'élever à 75 millions d'euros en 2002, après une perte de 150 M EUR en 2001. En l'espace d'un an, son nombre d'employés a diminué de près de moitié, à 3.800. D'autres, avant lui, ont déjà jeté l'éponge. Miné par la pression de la concurrence des Sony et autres Matsuchita, le fabricant allemand de téléviseurs Schneider s'est fait racheter l'an dernier par la pointure chinoise du secteur, TCL Holdings.

Un sort que pourrait finalement partager Grundig. Selon la presse allemande, les investisseurs étrangers devraient manifester un regain d'intérêt pour le groupe, après avoir appris son dépôt de bilan. Qu'il soit repris par un groupe étranger ou démantelé, l'ex-star du téléviseur allemand laisse le secteur bien dépouillé. Le pays ne compte plus que deux producteurs indépendants de téléviseurs, Loewe et Metz, qui tentent de garder la tête hors de l'eau en misant sur le créneau haut de gamme.
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