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Jeudi 17 Avril 2003 à 00:00

De nouveaux médias pour l'Irak ?

Travaillant pour des médias naguère acquis au régime de Saddam Hussein, les journalistes irakiens s'apprêtent à s'essayer pour la première fois à la libre expression et comptent sur l'aide des Américains pour ressusciter leur organes de presse dévastés par les raids et les pillages.

Les cinq quotidiens irakiens, As-Saoura, Al-Joumhouriya, Babel, Al-Irak et Al-Qadissiya sont parus pour la dernière fois mercredi dernier, jour de la chute de Bagdad, alors que les télévisions officielle et satellitaire ainsi que celle de la Jeunesse, dirigée par le fils aîné de Saddam Hussein, Oudaï, ont cessé d'émettre avant l'entrée des forces américaines dans la capitale. Une vingtaine de journalistes et de techniciens des trois télévisions, dont les sièges ont été bombardés pendant la guerre et mis à sac par des pillards ces derniers jours, se sont inscrits auprès du centre d'opérations américain à l'hôtel Palestine pour reprendre du service.

"Les forces d'occupation ont lancé un appel aux journalistes et aux techniciens des télévisions pour une réunion avec eux et je pense qu'ils envisagent de créer de nouvelles stations et recruter des Irakiens pour y travailler", déclare à l'AFP le journaliste Abdel Khaleq Fleih, 34 ans, journaliste à la télévision satellitaire. "Sous Saddam Hussein, les journalistes s'étaient vu imposer des lignes rouges à ne pas dépasser et disaient seulement ce qu'on leur demandait de dire", explique M. Fleih, qui gagnait l'équivalent de 12 dollars par mois.

Parmi les choses, alors impensables, qu'il aurait souhaité dire à l'antenne c'est demander au président Saddam Hussein de se plier à l'ultimatum américain de quitter l'Irak pour éviter la guerre. "Beaucoup d'Irakiens regrettent la décision erronée du président de rester et ils souhaitaient qu'il s'en aille pour éviter la guerre", assure-t-il. Son collègue Mohamed Sadek Al-Mallak opine du chef : "S'il avait abandonné le pouvoir avant la guerre nous serions aujourd'hui dans une meilleure situation, mais qui aurait pu dire cela sous le régime", dit-il. "Sous Saddam, tous les journalistes vivaient dans la peur. La libre expression n'existait pas", assure-t-il.

"Nous espérons que nous allons désormais pouvoir dire ce que nous pensons sans censure". La présentatrice vedette des débats télévisés Shaima'a Zoubeir souhaite que les membres du parti Baas, "qui étaient des caisses de résonance pour le régime à la télévision", ne reprendront pas leurs postes. "Ces corrompus sabotaient notre travail et ne laissaient pas les jeunes talents s'exprimer parce qu'ils avaient peur qu'ils prennent leur place.

A cause d'eux, je me suis mise à l'écart des programmes politiques mais j'espère pouvoir évoquer n'importe quel sujet à l'avenir grâce à la liberté d'expression qu'on nous promet", ajoute Shaima'a, qui avec 25 dollars par mois faisait partie des gros salaires de la maison. Elle aussi estime que Saddam Hussein aurait dû "renoncer honorablement au pouvoir dans un discours à la nation". "Il serait devenu un héros national s'il nous avait évité la guerre".

Les trois journalistes, avec une trentaine d'autres collègues de la télévision et la radio se sont entretenus mardi à l'hôtel Palestine avec un officier des Marines, le lieutenant-colonel John O'Brien, qui leur a demandé de dresser un inventaire des équipements dont ils disposent et ceux dont ils ont besoin pour reprendre la diffusion. Une des participantes lui a expliqué que tout avait été détruit dans les bombardements ou dévalisé par les pillards et qu'il fallait faire venir des nouveaux équipements des Etats-Unis.

"Les Américains ont très bien pu emmener des chars et des bombes chez nous, pourquoi pas de nouveaux équipements de diffusion pour nos télévisions et radios?" demande-t-elle. "Il s'agit d'une opération par étapes, d'abord on termine le volet militaire et après la reconstruction selon les priorités", répond l'officier de Marine. "Nous devons par exemple rétablir d'abord l'électricité pour que les gens puissent voir ou écouter ce que vous diffusez".
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