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Dimanche 20 Avril 2003 à 00:00

Le téléphone portable à Bagdad, bonne affaire pour son propriétaire

Les propriétaires de téléphones satellitaires portables, réapparus dimanche dans la capitale irakienne, ne sont plus considérés comme des espions mais plutôt comme des sauveurs pour les Bagdadis cherchant des moyens de rassurer leurs parents vivant à l'étranger.

Dans l'avenue Al-Saadoun, l'une des principales artères du centre de Bagdad, les "téléphonistes" munis de Thuraya provoquent des embouteillages: chacun veut savoir combien coûte la communication et essaie de négocier un prix abordable. Dans Bagdad, où chacun survit au jour le jour, ces "opérateurs" peuvent se frotter les mains devant l'affluence des clients: la minute est "vendue" entre 16.000 et 32.000 dinars irakiens (cinq et dix dollars).

Oudaï Seif a choisi un prix médian en proposant la minute à 25.000 dinars (environ 8 dollars). Il affirme à l'AFP avoir acheté son appareil "à un Kurde" venu du nord. Il l'a payé 1.300 dollars. Mohamed Jassim, 26 ans, a eu moins de chance, à moins d'avoir moins de talents pour le marchandage: lui a payé le sien 1.800 dollars. "Mais je serai vite remboursé", se rassure-t-il en refusant pourtant de dire combien il a déjà gagné en "vendant" des communications.

Les appareils, disent leurs propriétaires, viennent de Syrie ou de Jordanie. Ils sont alimentés par des cartes à puces qu'ils achètent environ 130.000 dinars (40 dollars). Si la plupart des opérateurs sont indépendants, certains d'entre eux ne font que travailler pour le propriétaire du téléphone à qui ils reversent une part des gains. Avant la guerre, la plupart des Irakiens disposaient seulement d'un réseau de téléphones fixes, les premiers appareils mobiles n'étant apparus qu'à la fin du régime dictatorial de Saddam Hussein.

Celui-ci considérait comme "espion" ou "agent de l'étranger" tout Irakien détenteur d'un portable. Jusqu'à maintenant, c'était les journalistes et les membres des organisations humanitaires étrangères qui étaient sollicités par les Bagdadis, dans leur quête désespérée d'un téléphone pour rassurer leurs proches vivant à l'étranger. "Puis-je utiliser votre téléphone?", demandaient les uns en anglais. "Combien ça coûte?" s'enquéraient d'autres.

Ceux qui ne parlaient pas l'anglais présentaient directement un papier sur lequel étaient écrits la requête et le numéro à appeler. Les lignes téléphoniques ont été coupées lors des bombardements américains visant les centres de télécommunications à Bagdad, aux premiers jours de l'offensive militaire lancée le 2O mars. Thuraya, consortium international basé à Charjah, aux Emirats arabes unis, a lancé ses services commerciaux en 2001.

Son système de télécommunications par satellite couvre 100 pays en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique centrale et du nord, dans les pays de l'ex-URSS et en Asie du sud.
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