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Mardi 22 Avril 2003 à 00:00

Les Irakiens goûtent aux délices d'une télévision différente

Témoins d'une liberté retrouvée, les Irakiens se pressent chez les rares vendeurs de paraboles pour pouvoir regarder les chaînes de télévision étrangères dont ils ont été privés pendant les longues années du régime de Saddam Hussein.

Privilège rare dans le passé, cet équipement est devenu accessible au commun des mortels à condition d'y mettre le prix: de 300 à 350 dollars, une véritable fortune dans l'Irak qui vient d'émerger d'une longue période de parole unique, celle distillée par les médias officiels. "La demande a explosé depuis que j'ai rouvert, il y a trois jours", indique mardi Ali Oubaïdi, un vendeur de la rue Al-Rabih, quartier Al-Jamiaa, dans le Bagdad petit bourgeois. "J'en ai vendu cinquante en trois jours", dit ce propriétaire d'un magasin de produits électroniques qui ne cesse de renseigner les nombreux clients, venus acheter, s'informer, marchander ou comparer les prix.

M. Oubaïdi, qui dit avoir toujours vendu cet équipement sous le manteau, n'est pas nouveau dans le métier, alors que son voisin, un plombier, est fraîchement reconverti dans cette nouvelle activité qui s'annonce prometteuse. En effet, le régime de Saddam Hussein interdisait toute ouverture au monde et contrôlait étroitement la réception des télévisions étrangères. Pendant les dernières années, il a proposé par câble un bouquet de programmes des télévisions arabes qui étaient cependant soigneusement expurgés par la censure.

Pour des raisons économiques, beaucoup d'Irakiens ne pouvaient s'abonner et ils avaient le choix entre la télévision d'Etat, austère et officielle, et celle de la Jeunesse, un peu plus originale mais tout autant officielle, que dirigeait Oudaï Saddam Hussein, le fils aîné du président déchu. "Nous recevions des équipements introduits en contrebande du Kurdistan (qui échappait à l'autorité de Bagdad), de Syrie ou d'Iran mais on ne vendait qu'à des connaissances et après avoir été sûr qu'ils ne traitaient pas avec les services de renseignement", indique un autre vendeur, Yaroub Khalil.

"C'était un jeu du chat et de la souris, mais on a survécu", indique-t-il. Les transactions se font uniquement au dollar aujourd'hui et les vendeurs prennent en charge l'installation du système de réception. Mais sous Saddam Hussein, nombreux ont été ceux qui ont réussi à se procurer et à installer cet équipement, en prenant soin de le cacher à tout regard, dans un pays qui était sous étroite surveillance policière. Majed Abbas, un jeune étudiant, l'a fait au risque de finir en prison.

"Personne, même pas le plus intime de mes amis ne savait pas qu'on pouvait regarder les télévisions étrangères", dit ce privilégié qui a pu suivre la guerre sur les trois principales chaînes arabes Al-Jazira, Al-Arabiya et Abu Dhabi TV. "Nous avions installé la parabole tard dans la nuit et nous l'avion cachée dans une cage de pigeons. Résultat, j'ai pu mesurer la stupidité de Sahhaf lorsqu'il affirmait que les Américains étaient incapables de prendre Bagdad", raconte-t-il. L'ancien ministre de l'Information, Mohammad Saïd al-Sahhaf, avait dit et répété aux chaînes arabes que les soldats américains seraient "exterminés" à Bagdad, avant l'entrée des Marines dans le coeur de la capitale.

En s'équipant, Majed Abbas savait qu'il s'exposait à l'époque à six mois de prison, la confiscation du système de réception et une amende de 100 dollars. Ces sanctions ont été doublées peu avant la guerre. "L'argent n'a pas d'importance, ce qui importe, c'est de savoir ce qui passe et le meilleur moyen d'y arriver aujourd'hui, c'est d'avoir accès aux télévisions satellitaires", dit Amer Mohammad, un commerçant qui vient juste d'acquérir un système de réception chez l'un des vendeurs de la rue Al-Rabih.
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