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Samedi 10 Mai 2003 à 00:00

Al-Jazira diversifie ses sources de revenus

La télévision satellitaire qatariote Al-Jazira négocie l'exploitation de son emblème sur des produits de luxe, dans le cadre d'une politique de diversification de ses sources de revenus.

"Nous pensons maintenant utiliser le logo et le nom d'Al-Jazira sur des produits de luxe", a déclaré vendredi à l'AFP le directeur des communications et des relations avec les médias, Jihad Ali Ballout. Il a ajouté que la chaîne négociait avec des parties qu'il n'a pas identifiées sur l'utilisation de son logo sur des produits tels que des lunettes de soleil ou d'autres accessoires.

Selon lui, Al-Jazira est en train de financer, par ses propres moyens, entre 85% et 90% de son budget de fonctionnement. "Nous faisons de notre mieux pour devenir commercialement viable. Al-Jazira est en train de se battre sur tous les fronts, mais non aux dépens de notre intégrité professionnelle", a-t-il dit. "C'est un secret de polichinelle de dire qu'Al-Jazira fait l'objet d'un boycottage économique de facto depuis son lancement" en novembre 1996, a-t-il estimé.

Al-Jazira --qui s'est imposée dans le paysage des grandes chaînes d'informations mondiales mais qui a dans le même temps suscité des controverses avec des gouvernements arabes, dont celui d'Arabie saoudite-- vient de perdre un procès en appel contre une agence de publicité saoudienne qui a annulé un contrat de cinq ans, un an après sa signature. Selon l'avocat saoudien de l'agence Tihama, Mohammed Saïd Tayyeb, le tribunal qatariote a jugé que l'agence était dans son droit lorsqu'elle a cessé sa relation avec al-Jazira en 1998 sur la base d'une clause stipulant que les deux parties reverraient leur contrat un an après et décideraient de la phase suivante.

Tihama explique que les deux parties ne sont pas parvenues à un accord pour poursuivre leur coopération. Mais Al-Jazira a introduit un nouveau recours au tribunal en 1999, réclamant cinq millions de dollars de dommages. Le tribunal a rejeté cette requête l'année suivante, tout en ordonnant à Tihama de payer 70.000 dollars d'arriérés, outre les frais du procès, selon Me Tayyeb. Al-Jazira a de nouveau fait appel mais la cour a maintenu son jugement la semaine dernière. "Le système judicaire ne donne pas la possibilité de nouveaux appels", a déclaré M. Ballout.

Me Tayyeb a précisé que Tihama appartient principalement au prince saoudien Khaled ben Sultan, fils du ministre de la Défense Sultan ben Abdel Aziz. Le prince Khaled est aussi ministre adjoint de la Défense pour les affaires militaires. L'avocat a refusé de dire si l'abrogation du contrat pouvait être considérée comme une forme de pression saoudienne sur Al-Jazira. M. Ballout a préféré, de son côté, ne pas spéculer sur la raison ayant amené Tihama à annuler le contrat.

Al-Jazira, a-t-il dit, est regardée par quelque 35 millions de téléspectateurs dans le monde arabe et 8 millions en Europe. Elle est également accessible dans 150.000 foyers aux Etats-Unis. "D'habitude, les motivations des agences de publicité sont d'ordre économique, mais lorsqu'il s'agit d'Al-Jazira, elles relèvent de la politique et d'intérêts personnels", a-t-il souligné. "C'est pourquoi la chaîne a diversifié ses sources de revenus" en vue de pourvoir financer en partie son budget, qui atteint près de 30 millions de dollars par an", a indiqué M. Ballout.

Les sources additionnelles de revenus portent sur des abonnements hors du monde arabe, la vente de ses produits: films, programmes sur cassettes vidéo, programmes et documentaires reproduits dans des livres.
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