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Vendredi 30 Mai 2003 à 00:00

Frédéric Mitterrand donne vie au vieux Tolstoï

Imaginons Victor Hugo si le cinéma avait existé plus tôt", dit Frédéric Mitterrand à propos de son beau film sur la fin de la vie de Tolstoï dont les images, d'archives et contemporaines et la lecture du journal de l'écrivain permettent de voir vivre quotidiennement, puis quasiment mourir, un génie universel.

En 1910, l'auteur de "Guerre et Paix" traverse une sérieuse crise morale. Il ne supporte plus les scènes de ménage avec Sophie, son épouse depuis 48 ans, et souffre de l'écart entre la vie facile qu'il mène, celle d'un homme issu de la noblesse, et son idéal ascétique. Une nuit d'automne, il s'enfuit du domicile familial de Yasnaïa Poliana. Il a 82 ans. C'est "La délivrance de Tolstoï". Ce documentaire de 91 minutes, au rythme lent qui va crescendo, commence par les roulements du train menant chez les Tolstoï, à 200 km de Moscou, et s'achève par les bouleversantes obsèques de l'écrivain.

En pleine campagne, des centaines de moujiks, visages durs et cheveux hirsutes, casquette à la main, viennent rendre un hommage spontané à l'oracle prophétique des convulsions socialistes à venir. Inventé en 1896, le cinéma se développe vite. Pathé Cinéma (société française, un peu l'équivalent de CNN aujourd'hui) est, avec d'autres, à l'affût de ce qui passe chez les Tolstoï, qui était alors la star absolue, l'autre "tsar". Autour de sa maison, entourée de bois de bouleaux, des "cameramen", dirait-on aujourd'hui, ont planté leur matériel.

Le grand homme adore qu'on le filme. Il est Tolstoï "en liberté" mais il joue aussi à être "en liberté". On le voit marcher dans la neige, monter à cheval, recevoir des moujiks. Il dit qu'"un seul moujik vaut bien plus au regard de Dieu que toute une famille d'inutiles de mon espèce". Le couple (qui a eu 13 enfants) fait de sa vie privée une affaire publique. "C'est le premier exemple de ces stars qui se prêtent à la presse à scandale, quitte à s'en dédire après", dit Frédéric Mitterrand.

Quand, un mois après sa "fugue", il se meurt dans une petite gare de province, à Astapovo, Sophie fait semblant d'entrer dans sa chambre alors que Sacha ne veut pas qu'elle le voie. Mais Sophie sait que des reporters sont là. Le texte est presqu'uniquement composé d'extraits des correspondances et lettres de Léon, Sophie et de leur fille Sacha, qui prit un temps le parti de son père contre sa mère. Chez les Tolstoï, chacun écrivait son journal, en sachant que le mari, l'épouse ou les enfants en auraient connaissance un jour.

Le film donne de la consistance à Sophie, qui a aimé Léon, qui l'a soutenu tout au long de sa vie et avait assez de personnalité pour se mesurer à lui, mais qui, l'âge aidant, devenait abusive. "De cette égalité inattendue surgit quelque chose de formidable. Le fait que tout le monde ait raison et tort à la fois, c'est ce qui m'intéressait.

Le film ne tranche pas d'ailleurs", souligne Frédéric Mitterrand qui a fait appel à Jean Desailly, Simone Valère et Alice Mitterrand (sa nièce) pour lire ces passages qui se font écho, dans un poignant dialogue conjugal et familial.
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