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Lundi 2 Juin 2003 à 00:00

Plus de concentration dans les médias US ?

Le patron de la commission américaine des communications (FCC) a ardemment défendu un renforcement de la concentration des médias aux Etats-Unis au nom de la viabilité économique et minimisé les inquiétudes sur le pluralisme.

"Le plus grand problème auquel sont confrontés tous les médias est la fragmentation de leur audience, ce qui les empêche d'être rentables au plan de la publicité, une source cruciale de leurs revenus", a expliqué Michael Powell, le président de la FCC dans une interview à la chaîne de télévision ABC. "De nombreux médias souhaitent accroître leurs capacités par la concentration, de manière à mobiliser un plus grand nombre de téléspectateurs pour rester économiquement viables sur le marché de la publicité", a-t-il ajouté.

L'organe de réglementation des médias aux Etats-Unis prévoit ainsi d'autoriser un seul groupe de médias à contrôler jusqu'à 45% de l'audience télévisée nationale --contre 35% actuellement--, et de faire tomber des barrières qui empêchaient jusqu'ici des chaînes de télévision et des journaux couvrant les mêmes marchés de tomber sous la coupe d'un seul consortium. Michael Powell, un républicain, a estimé qu'une majorité se dégagera parmi les cinq membres de la Commission lundi pour adopter cette importante réforme des règles régissant le contrôle des réseaux de télévision et des journaux.

Historiquement, la poignée de grands réseaux télévisuels américains concentraient 80% de l'audimat aux heures de grande écoute, mais l'émergence des chaînes câblées notamment a fait tomber cette part à 50%. "Pour la première fois dans l'histoire du secteur, le câble payant mobilise une plus grande partie de l'audimat que les réseaux de télévision traditionnels et gratuits", souligne M. Powell. Ces nouvelles réglementations permettront de s'adapter aux nouvelles réalités du paysage médiatique, encore régi par des règles remontant parfois aux années 1940.

Le président de la FCC s'est aussi évertué à minimiser les inquiétudes exprimées par l'opinion, la profession et le Congrès, sur les risques encourus en termes de pluralisme dans l'hypothèse d'une trop forte concentration des médias. "Les nouvelles règles vont également prévoir des limites précises et importantes" pour éviter un tel danger, a assuré Michael Powell. "Cette libéralisation des médias sera en réalité relativement modeste", a-t-il encore insisté. "Quand vous verrez les réglementations, vous vous demanderez pourquoi cela a provoqué un tel mouvement de protestations".

D'autres partisans de cette réforme font aussi valoir qu'il existe actuellement trop de médias -- le câble, l'internet, les réseaux par satellite -- pour qu'un petit groupe de sociétés puisse avoir un contrôle très étendu. Mais ses opposants affirment au contraire qu'elle va accroître la main-mise d'une poignée de géants sur les médias. Il s'agit de Disney (ABC), NewsCorp (Fox) dont le propriétaire est Rupert Murdoch, Viacom (CBS) et General Electric (NBC).

"C'est dangereux pour la santé de notre démocratie quand le contrôle des médias est concentré entre les mains d'un petit nombre", a estimé Wade Henderson, président de la Conférence des droits civiques. Les milieux démocrates et progressistes redoutent que cet "affaiblissement" des règles n'encourage le magnat Rupert Murdoch dans ses efforts pour saturer les écrans avec des intervenants ultra-conservateurs, comme c'est déjà le cas pour les stations de radio, dont le contrôle a déjà été assoupli.

Ted Turner, le fondateur de CNN et un important actionnaire d'AOL Time Warner, a vivement critiqué la réforme proposée estimant qu'elle allait "étouffer le débat, inhiber les idées nouvelles et empêcher l'émergence de nouveaux concurrents".
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