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Dimanche 15 Juin 2003 à 00:00

Le salon du Bourget sur fond de crise

La 45ème édition du salon aéronautique et de l'espace du Bourget (15-22 juin) va se tenir sur fond de crise dans le secteur spatial en Europe qui devrait favoriser des restructurations.

Après le boom des télécommunications et de l'internet, le marché mondial des satellites commerciaux a plongé, passant d'une moyenne de 25 lancements par an au cours de la décennie précédente à quelque 6 satellites actuellement. Et les experts n'entrevoient pas de reprise avant 2005 ou 2006. Arianespace et les constructeurs européens de satellites subissent de plein fouet la crise.

La société de gestion et de commercialisation de la fusée européenne Ariane n'a signé que trois contrats de lancements de satellites depuis le début de l'année contre onze l'an dernier. Elle fera à l'occasion du Bourget un bilan de sa situation à mi-année et pourrait profiter de la vitrine du salon pour annoncer de nouveaux contrats. Arianespace, qui a été durement affectée par l'échec en décembre dernier du vol inaugural de la nouvelle version d'Ariane-5 ECA 10 tonnes, est dans le rouge depuis trois ans.

Jean-Yves le Gall, son directeur général, espère présenter des pertes pour 2002 inférieures de moitié au déficit de 193 millions d'euros de 2001. "Notre objectif très clair est l'équilibre financier pour 2003", a-t-il indiqué récemment. Les ministres européens de l'espace ont volé au secours de la filière spatiale lors de la dernière réunion du Conseil de l'ESA (Agence spatiale européenne) le 27 mai.

Ils ont relancé financièrement le programme Ariane-5 et débloqué le projet de système de navigation par satellite Galileo, rival potentiel du GPS américain avec une trentaine de satellites d'ici 2008. Mais si les industriels ont pu être ainsi rassurés, ils n'ignorent pas non plus que les Etats attendent de leur part des efforts de rationalisation et de productivité. Le gouvernement français souhaite ardemment un rapprochement entre Alcatel Space (groupe Alcatel) et Astrium (groupe EADS).

Une opération également souhaitée par les industriels mais difficile à opérer car ils veulent tous les deux contrôler le futur ensemble. Une fusion éventuelle des activités d'Astrium et d'Alcatel Space donnerait naissance au numéro deux ou trois mondial du secteur, derrière les américains Boeing, leader mondial, Loral Space et Lockheed Martin. "Les communications spatiales connaissent des difficultés, l'effort institutionnel en Europe est modeste par rapport aux Etats-Unis et un rapprochement pourrait être stratégique", a reconnu le Pdg d'Alcatel Serge Tchuruk, le mois dernier.

"Une alliance spatiale avec Alcatel reste notre priorité", avait affirmé en écho Rainer Hertrich, co-président exécutif d'EADS. Confronté au rétrécissement du marché des satellites, les deux groupes ont annoncé des suppressions d'emplois. Mais aucun des deux ne veut se désinvestir de l'espace. Alcatel considère qu'il s'agit d'un secteur "stratégique" pour un groupe de télécoms. EADS estime que cette activité appartient à son coeur de métier grâce aux synergies possibles entre les applications civiles et militaires.

L'italien Finmeccanica, déjà présent dans le spatial avec sa filiale Alenia Spazio, actionnaire d'Arianespace et partenaire de Boeing, dont la fusée Delta est une rivale directe d'Ariane, pourrait venir troubler ce tête-à-tête. Des discussions ont été amorcées entre Finmeccanica et Alcatel pour créer une société commune dans les satellites, selon des informations de presse.
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