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Mercredi 18 Juin 2003 à 00:00

Satellites: Alcatel pose ses conditions

L'équipementier de télécommunications Alcatel a posé mardi des conditions drastiques à l'apport de sa filiale Alcatel Space dans une entité regroupant les acteurs européens du satellite alors que la France souhaite vivement une restructuration d'un secteur en crise.

Le Pdg d'Alcatel, Serge Tchuruk, a redit son accord de principe à la constitution d'une structure européenne mais l'a assorti d'impératifs industriels, réclamant un rôle "actif" et non une simple particiption financière, et de recommandations sur la politique spatiale européenne. "Si l'on trouve un schéma de consolidation possible et efficace, il faut le faire. Il ne faut pas de véhicule bizarre et compliqué", a dit M. Tchuruk lors d'une conférence au salon aéronautique du Bourget.

Trois acteurs sont concernés par un éventuel rapprochement: Alcatel Space, qui revendique la place de numéro un européen, Astrium, filiale satellites du géant européen de l'aéronautique EADS, et Alenia Spazio, filiale de l'italien Finmeccanica. Le gouvernement, via la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, a récemment encouragé Alcatel Space et Astrium à "inventer des formules qui leur permettent de dépasser les blocages actuels".

Mais la balance semble plutôt pencher vers un rapprochement entre Alcatel Space et Alenia dans un premier temps. Interrogé sur une coopération avec Astrium ou Alcatel, Finmeccanica a reconnu dimanche discuter "avec l'un des deux groupes". Finmeccanica et Alcatel négocieraient la création d'une société commune dans les satellites, chacun gardant ses spécialités, affirmait fin mai le quotidien Les Echos.

En contrepartie des efforts consentis par les industriels, Serge Tchuruk a demandé aux gouvernements de mettre en oeuvre une réelle politique spatiale européenne. "L'air du temps pousse plutôt à une consolidation européenne mais il faut parallèlement une convergence de la politique spatiale des différents pays", a-t-il dit. "Les politiques spatiales sont encore très différenciées. Ne faudrait-il pas une politique européenne plus prononcée ? Galileo (système de navigation par satellite, ndlr) est un bel exemple de coopération mais les systèmes sont encore très différents dans le militaire.

Un certain nombre de choix politiques doivent accompagner l'effort de consolidation", a ajouté M. Tchuruk. Serge Tchuruk a aussi rappelé la nécessité pour son groupe de "garder sa spécificité" qui est d'être un acteur majeur dans les télécommunications et les satellites. "Il nous faut pouvoir concilier la mise en commun d'actifs et l'existence d'interfaces nécessaires pour réaliser des synergies" avec les autres activités d'Alcatel, a-t-il dit.

Le Pdg d'Alcatel a en outre estimé qu'il ne fallait pas créer "une forteresse européenne" et que la future entité devrait "s'ouvrir à des coopérations avec les Etats-Unis et d'autres pays". Le marché de la construction de satellites est évalué 10 milliards d'euros par Alcatel, hors marché militaire américain. Ce marché traverse une passe difficile, subissant notamment la crise du secteur des télécommunications civiles.

Alcatel a durci fin avril son plan de restructuration du secteur spatial et prévoit 650 suppressions d'emplois d'ici la fin 2003. EADS prévoit pour sa part la suppression de 1.700 emplois cette année au sein de la division spatiale, en plus des 1.600 déjà annoncés en 2002.
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