Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Jeudi 3 Juillet 2003 à 00:00

VU: une peau de chagrin !

Un an après le limogeage de son fondateur Jean-Marie Messier, le 3 juillet 2002, le groupe français de médias et communication Vivendi Universal (VU) a échappé à la faillite en réduisant sa voilure et en limitant ses ambitions.

En fusionnant Vivendi - issu de la transformation à pas forcés de la Compagnie générale des eaux (CGE) - avec le Canadien Seagram, propriétaire des mythiques studios de Hollywood, Universal Studios, pour créer Vivendi Universal, M. Messier se voyait à terme à la tête d'un empire mondial de la communication. "Nous venons de créer le numéro deux de la communication mondiale, mais pas pour longtemps", avait-il proclamé comme un défi lancé au numéro un du secteur, l'américain AOL-Time Warner, en présence de son partenaire et complice d'alors Edgar Bronfman Jr, patron de Seagram.

Après avoir tutoyé les sommets et provoqué un tollé en proclamant, au faîte de sa puissance, "la fin de l'exception culturelle française", M. Messier a connu une chute d'autant plus brutale qu'il ne s'y était pas préparé. Le groupe qu'il a créé de toutes pièces n'a échappé au dépôt de bilan qu'en réduisant son périmètre d'activités comme peau de chagrin. Les ambitions de la holding se limitent désormais aux télécommunications, avec Cegetel (téléphone fixe) et SFR (téléphone mobile) et la chaîne cryptée Canal+, repliée sur la France, après avoir rayonné dans toute l'Europe.

Pressé par les banquiers et confronté à une montagne de dettes (37,1 mds EUR fin 2001), Jean-René Fourtou, successeur de M. Messier a soumis le groupe à un véritable électro-choc, en commençant par exiger la "vérité des comptes". Pour renflouer la trésorerie exangue, il s'est séparé dans un temps record de ses filiales dans l'édition (VUP), internet (Vizzavi.) et l'environnement (Vivendi Environnement). Il lancera mardi le compte à rebours de la liquidation de l'aventure américaine de M. Messier avec l'examen de six offres de rachat de VU Entertainement (VUE), regroupant les actifs de divertissement du groupe aux Etatst-Unis.

Dans une ultime tentative pour sauver les meubles quelques semaines avant sa démission en 2002, M. Messier avait annoncé des pertes abyssales (13 mds EUR) et la dévalorisation de 15,7 mds EUR de ses actifs. M. Fourtou en a rajouté une couche fin 2002 en affichant des pertes record de 23,3 mds EUR, dont une grande partie due à une dévalorisation de survaleurs. Même s'il semble avoir surmonté la crise de liquidité léguée par M. Messier, M. Fourtou estime que le groupe est encore confronté à une crise financière. Il s'est fixé 2004 pour "horizon", date à laquelle "la valeur sera la meilleure possible", mais s'attend à des mois difficiles en 2003.

A son programme : 7 mds EUR de cessions d'actifs à fin 2003 et 16 mds à fin 2004, alors qu'il reconnaît que "les actifs les plus faciles à vendre ont été cédés" et que "le plus dur reste à faire". Après avoir défrayé la chronique quelques semaines encore après sa destitution, à l'occasion de la publication d'un plaidoyer pro-domo intitulé "Mon vrai journal", M. Messier est retombé dans un anonymat relatif.

A 46 ans, il s'est intallé dans l'Etat du Delaware (est des Etats-Unis) où il a fondé Messier Partners, un établissement spécialisé dans les investissements notamment dans les médias et n'aurait, selon M. Fourtou, rien obtenu de l'indemnité de 20 millions de dollars qu'il réclamait à VU.

Il a renoué avec la banque d'affaires Lazard, sa maison d'origine, dont il était gérant-associé avant de partir à l'asssaut de la Générale des eaux. Mais il doit faire face encore à divers procès intentés par des minoritaires aux Etats-Unis et en France qui s'estiment lésés par sa gestion.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution