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Mercredi 2 Juillet 2003 à 00:00

Fin de partie pour Khalifa TV

Elle se voulait le trait d'union entre les deux rives de la Méditerranée: Khalifa TV n'aura finalement survécu que six mois aux rêves de grandeur de son créateur, l'homme d'affaires algérien Rafik Khalifa dont l'empire tout entier s'est effondré.

Pour cette chaîne de télévision qui émettait sur le câble et le satellite depuis la proche banlieue parisienne, le couperet est tombé mercredi avec la liquidation judiciaire prononcée par le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Un ultime délai de 48 heures avait encore été accordé à Rafik Khalifa lundi pour lui permettre d'apporter les 1,2 million d'euros jugés indispensables à la poursuite de l'activité.

Peine perdue, le président du tribunal a constaté mercredi que "les engagements pris n'ont pas été tenus". Poursuivre la période d'observation, a-t-il fait valoir, n'aurait fait que générer des dettes supplémentaires. Le représentant des salariés, Mehdi Benaïssa, et son avocate, Me Marie-Christine Béguin, veulent croire malgré tout à la possibilité de récupérer l'argent promis.

Il permettrait, disent-ils, "de parer l'urgence, à savoir le règlement des salaires de mai et juin ainsi que les soldes de tout compte". Pour Mehdi Benaïssa, "le jugement d'aujourd'hui est un échec économique, pas l'échec d'une idée". "L'idée d'une chaîne de télévision franco-algérienne survivra à ce traumatisme", assure-t-il.

L'histoire de cette chaîne ne fut pourtant qu'une longue dérive. A l'automne 2002, Rafik Khalifa convie à grands frais la jet set sur les hauteurs de Cannes pour une fête où l'on croise Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Sting, Naomi Campbell...Hervé Bourges, l'ancien président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), est de la partie. Il s'apprête à lancer l'année de l'Algérie en France dont Khalifa TV pourrait être un relais médiatique appréciable.

Rafik Khalifa est alors au faîte de sa gloire. Durant le MIPCOM, l'un des principaux marchés mondiaux de programmes audiovisuels, sa patrouille aérienne vrombit au-dessus de la baie de Cannes. L'histoire officielle de la chaîne commence par un bras de fer avec le CSA qui la menace de poursuites judiciaires pour avoir émis sans autorisation de la mi-septembre à la fin octobre 2002.

Visiblement méfiante, l'instance se résout fin 2002 à la "conventionner" mais pour deux ans seulement, contre cinq en général. Ce conventionnement vaut pour toute l'Union européenne. Depuis la première heure, la chaîne, privée de régie publicitaire, ne bénéficie d'aucune ressource propre et dépend entièrement des subsides de son actionnaire unique Rafik Khalifa. Elle emploie malgré tout jusqu'à 180 salariés.

Pendant sa brève existence, Khalifa TV connaît trois PDG. Le premier, Djamel Guelimi, est arrêté le 24 février à l'aéroport d'Alger avec deux autres membres du groupe Khalifa. Ils tentent de faire sortir du pays une valise contenant deux millions d'euros. Lui succède Djaouida Jazaerli, la tante de Rafik Khalifa, qui jette l'éponge un mois plus tard. Le dernier PDG est un ancien directeur d'agences de mannequins, Paul Hagnauer, qui concède n'avoir qu'une expérience sommaire de l'audiovisuel.
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