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Mardi 22 Juillet 2003 à 00:00

La BBC: une excellence et une indépendance qui dérangent

La guerre des nerfs entre le gouvernement de Tony Blair et la BBC, groupe public fondé en 1922, n'est pas la première pour la BBC, respectée dans le monde entier pour son professionnalisme mais souvent considérée comme un trublion pour le pouvoir en place.

Dix ans après sa création, la British Broadcasting Corporation était déjà aux prises avec les dirigeants britanniques, qui s'étaient violemment opposés à la diffusion d'une interview d'un ancien commandant de sous-marin allemand durant la Première guerre mondiale.

Depuis, la BBC, financée à 75% par la redevance (le reste provenant des revenus de la filiale commerciale BBC Worldwide, détenue à 100% par la BBC) n'a cessé d'être brocardée comme un repère de gauchistes pour les uns ou de dinosaures ultraconservateurs pour les autres.

Contraste saisissant avec la réputation de la BBC à l'étranger, où les informations mesurées, équilibrées et prudentes de la radio BBC World Service lui valent un immense respect, particulièrement dans des pays où l'information est verrouillée. "Tous les hommes politiques (britanniques) veulent régner sur la BBC, plus que sur toute autre chose", estime Rod Allen, chef du département de journalisme de la City University de Londres.

"Ils (les hommes politiques) peuvent acheter les propriétaires des journaux avec des faveurs (...) mais la BBC est plus importante que les hommes politiques et ils détestent ça, ils haïssent ça", explique M. Allen à l'AFP. Les difficultés de la BBC font par ailleurs le bonheur de chaînes privées comme Sky News et ITV, qui lui envient son financement largement public.

La BBC traverse l'une des pires crises avec le gouvernement qu'elle ait connues. D'autant qu'elle a reconnu dimanche que le Dr David Kelly, mort d'un apparent suicide, était la source principale qui lui avait permis d'affirmer que le gouvernement avait "gonflé" un dossier sur l'Irak pour justifier la guerre.

Le directeur de la Communication de Tony Blair, Alastair Campbell, a accusé la BBC de lui avoir attribué à tort l'ajout, dans le dossier sur l'Irak de septembre 2002, de la phrase affirmant que Bagdad pouvait déployer des armes de destruction massive en 45 minutes et a demandé des excuses. Soumise à une forte pression, la BBC n'a pourtant pas lâché, précisant dimanche qu'elle avait "interprété dans le bon sens" les propos du Dr Kelly. Elle en a vu d'autres.

En 1956, le gouvernement conservateur d'Anthony Eden avait exprimé sa colère face à la couverture par la BBC de la crise du Canal de Suez. Margaret Thatcher s'en était également prise à la "Beeb", surnommée également "Auntie" ("Tantine") par ses défenseurs.

D'abord en 1982, l'accusant d'avoir pris le parti des Argentins dans la guerre des Malouines. Puis en 1984, l'accusant de faire le jeu des mineurs en grève contre les fermetures des puits.

En 1991, la BBC avait été surnommée par ses détracteurs "Baghdad Broadcasting Corporation" et en 1999, pendant la guerre au Kosovo, "Belgrade Broadcasting Corporation".

Dans les années 1970, le Premier ministre travailliste Harold Wilson avait même envisagé une action en justice pour baillonner la couverture des violences entre catholiques et protestants en Irlande du Nord. "Cette polémique n'a rien de différent des autres, estime M. Allen. Quel que soit le pouvoir en place, la BBC dérange". Toutefois, estime-t-il, à terme, la BBC pourrait pâtir des appels répétés de quelques avocats du Labour en faveur d'une révision de son statut d'indépendance.

Certains d'entre eux prônent la dissolution de son conseil des gouverneurs afin de faire tomber la BBC sous la houlette du Bureau des communications, organe gouvernemental chargé de la régulation des médias. "A l'inverse de tout autre média dans le pays, la BBC ne vise pas des objectifs purement commerciaux et, à ce titre, est fondamentalement différente".
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