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Jeudi 24 Juillet 2003 à 00:00

Pub TV : le CSA veut donner du temps aux petites chaînes

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a demandé au gouvernement de prendre son temps avant d'autoriser la publicité pour la distribution sur les chaînes de télé nationales, afin de protéger le développement des chaînes plus modestes ou émergentes, dans un marché publicitaire écrasé par TF1 et M6.

Quatre secteurs sont actuellement interdits de publicité à la télévision en France : la distribution, l'édition, le cinéma et la presse, ce qui a conduit la Commission européenne à engager en mai 2002 une procédure d'infraction contre Paris. Si les projets de décrets du gouvernement prévoient un délai de deux ans d'avance (de 2004 à 2006) pour cette ouverture au profit des chaînes locales, de la télévision numérique terrestre (TNT), du câble et du satellite, le CSA en préconise quatre, dans un avis consultatif publié mercredi.

Le délai de deux ans n'est pas adapté à la réalité, estime le CSA, soulignant que les chaînes locales pour lesquelles il s'apprête à lancer des appels à candidature devraient au mieux voir le jour fin 2004, et que les chaînes de la TNT devraient être lancées au même moment. L'ouverture de la distribution aux chaînes nationales hertziennes "risque, si elle avait lieu dès 2006 (...) de conforter de façon déterminante la position des deux acteurs (TF1 et M6, ndlr) qui captent dès aujourd'hui 70% des ressources du marché publicitaire télévisé, et de faire obstacle au développement des acteurs émergents", estime le CSA.

Il prône également des mesures d'accompagnement pour éviter des distorsions de concurrence, notamment une redistribution d'une partie des recettes supplémentaires ("effet d'aubaine") engrangées par ces deux chaînes privées, et une réflexion sur les ressources des chaînes publiques. "Je ne vois pas d'effet d'aubaine, il y a une mise en conformité avec le droit européen qui n'a que trop tardé et l'effet d'aubaine sera taxé de toute manière puisque les chaînes de télévision supportent des taxes proportionnelles au chiffre d'affaires", estime une source proche du dossier dans une télévision privée.

Les souhaits du CSA risquent d'être mal perçues par la Commission européenne, qui avait déjà jugé "insatisfaisantes" en avril les propositions françaises d'autoriser la publicité sur les chaînes hertziennes à partir de 2006 pour des messages centrés sur les enseignes, sans faire mention ni des produits vendus ni des prix pratiqués, et de ne pas lever l'interdiction pour le cinéma et l'édition.

De nombreux acteurs de l'audiovisuel comptent sur d'importantes recettes issues d'une ouverture de la publicité à la distribution, et militent pour y avoir droit en priorité. Le principaux transferts devraient avoir lieu dans la distribution mais "personne n'est capable de les mesurer", estime la source proche du dossier de la télévision privée. "Les annonceurs qui veulent faire de la télé font déjà du parrainage et le jour où la presse et la distribution seront autorisées en écrans classiques, il n'y aura plus de parrainage", ajoute cette source.

"Je ne suis pas convaincu que tous les distributeurs soient pressés d'avoir accès à la télévision", déclare de son côté Hervé Brossard, PDG de l'agence de publicité DDB France. "Hormis le câble, c'est très onéreux la télé, ce n'est pas donné à tout le monde". Selon lui, il y a deux façons de voir les choses : les gros acteurs de la distribution pourraient devenir encore plus gros et les petits avoir peur, ou bien, les investisseurs étrangers pourraient en profiter pour s'engouffrer.
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