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Samedi 23 Août 2003 à 00:00

"Médias de la haine" au TPIR: verdict en délibéré

Le verdict dans le procès dit des "médias de la haine" a été mis en délibéré vendredi après les plaidoiries de la défense devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha (Tanzanie), a annoncé l'agence Hirondelle.

Le verdict devrait être rendu "à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine", selon une source bien informée au TPIR. Le procureur William Egbe (Cameroun) avait requis lundi des peines de prison à vie, sanction maximale au TPIR, contre les trois accusés, anciens responsables de médias rwandais, qui répondaient d'incitation à la haine ethnique avant et pendant le génocide de 1994 au Rwanda.

La défense a plaidé l'acquittement général. Me Giacomo Barletta Caldarera a réclamé vendredi matin l'acquittement de Jean Bosco Barayagwiza, ancien responsable de la tristement célèbre radio télévision libre des mille collines (RTLM). Les défenseurs de Ferdinand Nahimana, lui aussi ancien responsable de la RTLM, et de Hassan Ngeze, ancien propriétaire et rédacteur en chef de la revue extrémiste Kangura, avaient déjà demandé l'acquittement de leurs clients dans leurs plaidoiries, mercredi et jeudi, a précisé Hirondelle, l'agence financée par l'Union européenne et plusieurs pays occidentaux pour rendre compte des activités du TPIR.

"Jean-Bosco Barayagwiza est un homme probe, courageux, animé de sentiments que j'estime partageables", a plaidé Me Barletta Caldarera. L'accusé, qui boycotte son procès depuis son ouverture le 23 octobre 2000, n'était pas dans le prétoire. Il ne reconnaît pas son avocat, commis d'office, et met en doute l'impartialité du tribunal. Me Barletta Caldarera a fait valoir que le procureur n'avait pas prouvé la culpabilité de son client. L'acte d'accusation affirme que la RTLM et Kangura ont incité au génocide des Tutsis et des Hutus modérés, qui a fait un million de morts entre avril et juillet 1994, selon un décompte des autorités rwandaises.

"Nous vous demandons de prononcer la peine maximale, c'est-à-dire l'emprisonnement à vie contre chaque accusé et pour chacun des faits d'accusation pour décourager la réédition de ces crimes", avait déclaré le procureur dans son réquisitoire. "Compte-tenu de la gravité des crimes et de l'autorité dont jouissaient les accusés, il ne saurait y avoir de circonstances atténuantes", avait-il ajouté, rappelant que les accusés encouraient la peine de mort au Rwanda. Le procès dit des "médias de la haine" est un des plus importants procès de cette juridiction créée par les Nations Unies quelques mois après le génocide.

Ce procès se penche tout particulièrement sur le rôle capital joué par les médias avant et pendant les massacres. Le substitut du procureur Charity Kagwi (Kenya) avait indiqué que la RTLM et le journal Kangura étaient animés du" dessein commun d'extermination des Tutsis". La RTLM a ouvert ses émissions en 1993 tandis que Kangura paraissait depuis 1990. "Ils se sont unis pour mobiliser la majorité (hutue) contre les Tutsis", avait soutenu Mme Kagwi. "Les deux organes se sont entendus en vue de commettre le génocide", avait-elle insisté.

Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayayagwiza ont été arrêtés au Cameroun le 26 mars 1996, Hassan Ngeze au Kenya le 18 juillet 1997. Les trois accusés sont tous des Hutus originaires du nord du Rwanda, la région du président Juvénal Habyarimana, dont la mort dans le crash de son avion, en avril 1994, a déclenché les massacres.
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