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Jeudi 11 Septembre 2003 à 00:00

Nigeria: le cauchemard de la téléphonie mobile

Le rêve de la téléphonie mobile tourne à l'aigre au Nigeria, où les consommateurs agitent la menace d'un boycott deux ans après le lancement des premiers réseaux GSM dans l'un des pays les plus peuplés d'Afrique.

En août 2001, l'arrivée des deux premiers réseaux privés de téléphonie mobile avait été accueillie dans l'euphorie alors que les 126 millions de Nigérians se débattaient avec à peine 500.000 lignes fixes, qui plus est en mauvais état. Mais une fois dissipé l'engouement pour la nouveauté, la colère a grimpé face aux coûts élevés des appels et à la mauvaise qualité des lignes. Tout le monde s'est mis à se plaindre.

"Le téléphone portable m'a beaucoup aidé dans mon travail, mais c'est un gouffre financier. Je ne sais pas combien de temps je pourrais encore tenir", lance Omolara Ajewole, une commerçante de 41 ans habitant Ikorodu, une banlieue de Lagos. La semaine dernière, le président Olusegun Obasanjo a convoqué des responsables des opérateurs, à savoir Econet (Zimbabwé), MTN (Afrique du Sud) et la compagnie étatique Nitel, pour leur transmettre les récriminations de son pays à propos de leurs tarifs. Mais les compagnies n'ont pas l'air de vouloir se laisser fléchir.

Le mois dernier, elles ont carrément ignoré une demande d'audition formulée par une commission parlementaire. Un correspondant de l'AFP a tenté de joindre le principal opérateur mobile du Nigeria, MTN, pour obtenir ses commentaires, en utilisant un téléphone de cette compagnie mais s'est heurté à trois reprises à la tonalité "réseau saturé" avant d'être transféré à la boîte vocale du porte-parole de la compagnie. Un appel d'un téléphone MTN vers un autre téléphone de la même compagnie coûte 50 nairas par minute (30 cents US) soit le prix d'un journal ou d'une bouteille de soda.

Les opérateurs doivent maintenant faire face à la menace d'un boycott des consommateurs. Un groupe d'activistes nigérians, The Consumer Rights Project, a décrété le 19 septembre journée "sans mobile", pour tenter de faire baisser les tarifs à l'instar d'actions similaires aux Etats-Unis et en Argentine. Même s'il reste à voir combien de consommateurs vont participer à ce mouvement, la colère est réelle. "Je soutiens totalement la protestation, les tarifs nous tuent", assure un mécanicien de Lagos, Alfa Isiaka, 34 ans, "j'envisage d'abandonner ma ligne à la fin du mois car je n'y arrive plus".

Les compagnies invoquent pour se défendre les coûts élevés d'activité au Nigéria, avec une infrastructure décrépite, des fonctionnaires corrompus et des coupures de courant régulières. Alors que la corruption et l'inefficacité empêchaient Nitel d'assurer la maintenance des lignes fixes traditionnelles, les réseaux GSM ont croulé sous le trafic. Une fois les coûts d'installation des réseaux remboursés et les conflits sur l'interconnexion entre compagnies résolus, les coûts vont baisser, assurent les opérateurs.

Des consommateurs refusent toutefois de se satisfaire de ces explications et demandent pourquoi ils doivent payer à la minute plutôt qu'à la seconde et pourquoi ils doivent payer des appels qui sont immédiatement coupés. "Toute l'affaire est une magnifique arnaque", déclare à l'AFP l'avocat Akin Akinbote, président du barreau de Lagos. Pour lui, les services de téléphonie mobile ont été "+nigérianisés+ dans leur inefficacité".

Me Akinbote et d'autres ont demandé l'intervention de l'organisme de contrôle des télécommunications nigérian, la Commission des communications du Nigeria, au nom des consommateurs. "Ca suffit, les Nigérians sont conscients de leurs droits", dit-il. Certains utilisateurs de téléphones mobiles estiment néanmoins que la dispute n'est qu'une nouvelle illustration de la tendance des Nigérians à toujours demander davantage.

"Les Nigérians ne sont pas faciles à satisfaire", remarque un étudiant âgé de 21 ans, Benjamin Maduakor. "Avant l'arrivée du GSM, les Nigérians étaient en manque de téléphones. Maintenant qu'ils en ont, ils se plaignent. Donnons du temps aux opérateurs".
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