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Jeudi 9 Octobre 2003 à 00:00

La presse écrite accède désormais à la pub

La presse française était jusqu'à présent la seule en Europe à ne pouvoir accéder à la publicité à la télévision, afin de "maintenir la diversité de l'offre culturelle": la situation est désormais obsolète avec le nouveau décret qui lève cette interdiction à compter de janvier 2004.

Ce décret modifie celui de 1992 et décide une ouverture sans restriction dès le 1er janvier à la presse. En revanche, pour l'édition de livres, l'ouverture à cette date ne concerne que les chaînes du câble et du satellite, à l'audience plus restreinte que les chaînes hertziennes. La distribution pourra faire de la pub sur ces mêmes chaînes du câble et du satellite dès janvier, et à partir de 2007 sur les chaînes hertziennes. La situation pour le cinéma ne change pas.

La Commission européenne avait mis en demeure, en mai 2002, le gouvernement de mettre fin à l'interdiction de publicité télévisée pour les quatre secteurs (distribution, cinéma, édition littéraire et presse). Elle doit encore se prononcer sur le décret. La Commission pourrait, a précisé mercredi une source proche du dossier, être d'accord sur les dispositions concernant la presse et la distribution mais en demander de nouvelles sur l'édition et le cinéma, en rendant un "avis motivé" sur ces secteurs.

Le gouvernement devrait retravailler et présenter alors de nouvelles dispositions. Si la Commission juge ces dispositions insatisfaisantes, elle pourrait saisir la Cour de justice européenne à Luxembourg. Cette ouverture à la presse de la publicité télévisée divise la profession. Le SPMI (Syndicat de la presse magazine et d'information), puissant syndicat qui, avec ses 60 membres, publie 500 titres, avait déposé une plainte auprès de la Commission européenne en octobre 2001.

L'autre grand syndicat de magazines, le SPMO (Syndicat de la presse magazine et d'opinion), a toujours été hostile à cette ouverture. Le SPQR (Syndicat de la presse quotidienne régionale) était très inquiet de l'accès de la grande distribution à la pub télé qui lui enlèverait une partie de ses ressources, et l'avait fermement combattue. Le syndicat, interrogé par l'AFP, se dit satisfait de la décision qui repousse à 2007 cette ouverture, en précisant qu'"elle correspond à nos préconisations".

Pour l'ouverture à la presse, a estimé le SPQR, "il appartient à la profession d'essayer de s'organiser pour que le maximum d'entreprises puissent accéder s'ils le souhaitent à la publicité télévisée". Cinq grands éditeurs de presse --Le Monde-La Vie, Prisma Presse, Libération, Le Nouvel Observateur, Ayache-- ont réagi vendredi collectivement mais tardivement: pour eux, l'ouverture entraînerait "la disparition des éditeurs indépendants au profit des groupes multimédia les plus puissants".

"La presse mérite tout autant que le livre et le cinéma des mesures de protection", affirmaient-ils, demandant de modifier le projet de décret. Chez Prisma Presse, l'un des plus importants groupes du secteur, la prudence est de règle. "Tout le monde s'y met, et quelques années plus tard, on retrouve les mêmes ordres de grandeur, simplement tous ont dépensé beaucoup plus d'argent".

Parfois, reconnaît Prisma, la pub télé est importante, "dans le cadre de lancements, relancements, nouvelles formules, événements éditoriaux. Ce n'est pas une réponse à toutes les problématiques. Ce n'est pas un média à utiliser de manière continue comme le font lessiviers et les fabricants de cosmétiques, parce que c'est trop cher pour nous".
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