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Dimanche 26 Octobre 2003 à 00:00

Les colons israéliens veulent sauver "leur" radio

La récente suspension des émissions de la radio pirate "Aroutz Shéva" (Canal 7) a provoqué une onde de choc chez les colons israéliens, qui réclament du gouvernement d'Ariel Sharon la légalisation de cette station, devenue en 15 ans leur porte-parole.

En 1988, peu après la première Intifada (révolte palestinienne), des résidents de Beit El, une colonie proche de Ramallah (Cisjordanie), décident de créer une radio pour donner des informations sur la réalité de la vie des colons. La loi israélienne n'autorisant pas les radios libres, ils achètent un bateau et émettent hors des eaux territoriales d'Israël, les studios se trouvant à Beit El.

Les programmes en Hébreu, puis, au fil des ans, en Français, Anglais et Russe, sont écoutés dans les colonies et dans le reste du pays par un public majoritairement nationaliste-religieux. Violemment opposés aux accords d'Oslo de 1993, qui créa l'Autorité palestinienne, et à tout accord avec les Palestriniens, cette radio de droite subit au fil des années les attaques de la gauche israélienne, mais aussi plusieurs descentes de police.

Lundi dernier, 10 des directeurs et animateurs de la station ont été inculpés pour avoir émis illégalement à partir de Beit El entre 1995 et 1998. Ils risquent une peine de prison ferme pouvant aller jusqu'à trois ans. Parmi eux se trouve le directeur de la station, Yaakov Katz, ancien conseiller d'Ariel Sharon à l'époque où le Premier ministre israélien était ministre du Logement.

En outre, un récent projet de loi visant à interdire la publicité sur les radios pirates ajoute aux difficultés que traverse la station, qui vit de la publicité et de donations, notamment en provenance des Etats-Unis. Confrontée à cette sombre situation, la direction de la station a décidé mardi de mettre fin aux programmes radio et de vendre la bateau, avec l'intention de faire pression sur la coalition de droite au pouvoir pour qu'elle légalise les radios pirates.

La radio, qui revendiquait 250.000 auditeurs quotidiens, ne diffuse désormais ses programmes que sur son seul site internet, site en plusieurs langues visités par trois millions d'internautes par mois à travers le monde. "La décision de la direction de fermer la radio se veut avant tout un message à la classe politique, qui a profité de ce tremplin médiatique pendant des années et qui doit maintenant légaliser Aroutz Shéva", déclare David Shapira, directeur des programmes en Français et directeur de la campagne pour la légalisation de la station.

La radio est aussi le porte-parole du parti Union Nationale (extrême-droite), soutien numéro un des colons au sein de la coalition gouvernementale. Des milliers de personnes ont déjà signé la pétition pour sa légalisation, diffusée en quatre langues sur le site internet. "Il est temps que les radios libres soient autorisées en Israël comme dans tous les pays démocratiques", ajoute M. Shapira, donnant en exemple la décision du président français François Mitterrand, en 19981, de libéraliser les ondes.

L'organisation représentant les quelque 230.000 colons de Cisjordanie et de la bande de Gaza a déploré "le fait que des citoyens idéalistes, qui ont fait entendre au cours de la dernière décennie, grâce à cette radio, la voix du camp national qui s'oppose aux accords d'Oslo, se retrouvent aujourd'hui sur le banc des accusés." Dans un communiqué, l'organisation exhorte M. Sharon à modifier sa position. Certains membres de son gouvernement sont déjà de cet avis.

Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Zevouloun Orlev, du Parti national religieux (PNR), a ainsi déclaré qu'Aroutz Shéva faisait partie intégrante de l'univers médiatique israélien. Ses auditeurs ne considèrent nullement cette radio comme une radio pirate, a-t-il dit, ajoutant qu'il était largement temps de la légaliser.
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