Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Lundi 8 Décembre 2003 à 00:00

Remous au Liban après l'arrestation du propriétaire d'une chaîne de télévision

L'arrestation du propriétaire de la chaîne privée libanaise NTV, Tahsin Khayat, une première au Liban, fait dimanche la Une de la presse, et l'équipe de la NTV laisse entendre qu'elle est liée à sa couverture exhaustive d'une affaire crapuleuse, celle de la banque Al-Madina.

L'équipe de NTV, le premier moment de stupeur passé, a contre-attaqué. La télévision, autorisée à continuer d'émettre, a diffusé sur ses écrans une série de communiqués rejetant les accusations du parquet militaire et suggérant que cette arrestation est due à la couverture de l'affaire Al-Madina. "Les accusations contre le PDG de NTV sont inventées de toutes pièces et entrent dans le cadre d'une campagne d'intidimation visant à faire taire NTV et à mettre fin à sa recherche de la vérité dans des affaires comme celles de la banque Al-Madina", a affirmé la présentatrice du bulletin d'information.

L'arrestation de M. Khayat a également provoqué des remous dans la classe politique. L'ancien Premier ministre Sélim Hoss a exprimé dans un communiqué "son étonnement" vis-à-vis d'une telle mesure qui a frappé "une personne connue pour ses positions patriotiques et son courage en tant que patron de média". M. Hoss a émis la crainte qu'il s'agisse d'une "nouvelle atteinte à la liberté d'expression", soulignant qu'une autre télévision, MTV, qui avait fait écho aux positions des partis de l'opposition anti-syrienne, "a déjà été réduite au silence". "La télévision de M. Khayat est connue pour son obstination a dévoiler (...) les dessous d'affaires qui ont fait la Une des journaux ces derniers temps", a également indiqué M. Hoss, en allusion à l'affaire Al-Madina.

Le président de la commission parlementaire de défense des Droits de l'Homme, Marwan Farès, s'est également élevé contre "l'arrestation d'un homme connu pour ses positions patriotiques" et a demandé sa relaxe immédiate. Pour sa part, le quotidien libéral An-Nahar, citant des sources proches de l'enquête judiciaire, affirme que M. Khayat est accusé d'avoir établi des contacts avec des parties israéliennes dans l'émirat du Qatar, ou Israël dispose d'un bureau de liaison. An-Nahar ne fait état ni de la date ni des circonstances de ces contacts présumés. NTV a diffusé il y a quelques jours une longue interview de l'une des propriétaires d'Al-Madina, Rana Koleilat, dans laquelle elle avait menacé de dévoiler le rôle de "personnes haut placées".

La chaîne a indiqué dimanche que M. Khayat avait fait l'objet de menaces anonymes et de mesures d'intimidation avant son arrestation. Al-Madina est une banque à capitaux libanais en cessation de paiement depuis plusieurs mois et qui fait face à un trou de 1,2 milliard de dollars. Selon la presse libanaise et notamment l'hebdomadaire Al-Chirah, cette banque aurait servi de relais pour des transferts de fonds irakiens, en particulier une partie du magot d'Oudaï Saddam Hussein, un des fils du dictateur irakien déchu, et tué en juillet. Al-Chirah affirme que l'entourage de personnes haut placées au Liban et dans d'autres pays arabes aurait trempé dans cette affaire.

La NTV a déjà eu maille à partir avec le Premier ministre libanais, Rafic Hariri, proche du régime saoudien, qui a obtenu en janvier dernier la suspension temporaire de cette chaîne et l'interdiction d'une émission qui donnait la parole à l'oppposition saoudienne à l'étranger. M. Khayat, un homme d'affaires ayant fait fortune dans l'édition, est connu pour son hostilité envers M. Hariri dont il se considère comme le rival, et pour son soutien au président libanais Emile Lahoud.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution