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Lundi 8 Décembre 2003 à 00:00

L'Afrique face au défi de la fracture numérique

L'Afrique doit rapidement sauter dans le train des technologies numériques si elle veut rester en contact avec le reste du monde, un défi vertigineux sur un continent où de nombreuses régions n'ont ni électricité, ni téléphones, ni ordinateurs. Si les capitales des 54 pays du continent le plus pauvre du monde ont aujourd'hui accès à internet, contre 11 seulement en 1997, une série de problèmes empêche toujours l'Afrique de combler le "fossé numérique" --l'inégalité d'accès aux technologies de l'information et de la communication entre pays riches et pauvres. Lors d'un récent congrès à Tunis sur ce thème, le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi rappelait que 91% des utilisateurs d'internet dans le monde vivent dans des pays industrialisés, qui ne recouvrent que 19% de la population mondiale. L'Afrique, qui rassemble 13% de la population mondiale, ne compte que 1% des internautes, soulignait-il. En 1992, le continent a lancé l'Organisation africaine de communication par satellite (Rascom), organisme inter-gouvernemental dont l'objet était de permettre aux pays africains de se rassembler pour une exploitation commune et moins coûteuse des satellites. Mais l'objectif final de lancement d'un satellite africain n'a toujours pas vu le jour en dépit d'annonces récurrentes sur l'imminence de l'opération. "Chaque année, c'est la même chose, ils disent que c'est pour l'année suivante et puis rien ne se passe", soupire un expert sud-africain des télécommunications sous couvert de l'anonymat. Des experts soulignent que les consommateurs africains sont contraints de payer le prix fort pour les télécommunications entre pays africains qui transitent fréquemment par l'Europe. De nombreux Africains ont opté pour le téléphone portable, en particulier dans les pays où les sociétés de télécommunications publiques offrent des services de piètre qualité. Les téléphones protables sont aussi de plus en plus utilisés pour envoyer des SMS, rapides et peu coûteux. "De très nombreuses familles au Zimbabwe communiquent par SMS", explique un journaliste zimbabwéen. "Ils n'ont pas d'ordinateur et ils ne veulent pas faire la queue devant les cybercafés". La téléphonie mobile décolle en Afrique: le continent comptait 1 million de téléphones portables en 1996, et près de 30 millions en 2002, selon les professionnels du secteur. Mais même en Afrique du Sud, pays le mieux équipé, le nombre d'abonnés est sans commune mesure avec les pays riches: 190 pour 1.000 habitants, contre 727 pour 1.000 en Grande-Bretagne. Et les réseaux africains restent souvent limités aux grandes villes et fréquemment saturés. L'accès aux ordinateurs constitue un autre problème de taille. "Ce n'est pas seulement une question d'infrastructures lourdes, le problème est celui de l'absence d'ordinateurs et de connaissance informatique", explique Hans van de Groenendaal, spécialiste des télécommunications au géant public sud-africain Telkom. Sans minimiser les difficultés, quelques initiatives encourageantes ont également vu le jour sur le continent. Au Sénégal, la société française Manobi-France a lancé, selon un site internet local, un projet expérimental d'accès à internet pour permettre aux horticulteurs de se tenir informés des prix sur les principaux marchés de Dakar. La téléphonie par internet, qui permet de réduire considérablement les coûts des télécommunications internationales, s'est développée à grande vitesse dans de nombreux cybercafés à travers le continent. En septembre, Telkom a lancé un produit satellite baptisé Spacestream grâce auquel les abonnés peuvent se connecter à la plateforme internet de Telkom où n'importe quel autre serveur. "En théorie, nous pouvons couvrir toute l'Afrique, mais de nombreux pays interdisent l'accès à leur territoire", regrette Hans van de Groenendaal.
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