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Samedi 31 Janvier 2004 à 00:00

Greg Dyke, ex-DG de la BBC, contre-attaque en critiquant le rapport Hutton

Moins de vingt-quatre heures après avoir démissionné de son poste de directeur-général de la BBC, Greg Dyke a sévèrement critiqué le rapport du juge Brian Hutton, le qualifiant de "manichéen", et exprimé son incompréhension face aux "excuses sans réserve" de la "Beeb".

Emboîtant le pas du dernier président de la BBC Gavyn Davies, première victime du rapport Hutton mercredi, Greg Dyke a clairement mis en doute l'impartialité de Lord Hutton vendredi. "Moi, d'autres à la BBC, et certainement notre équipe de juristes, avons tous été très surpris par la nature du rapport", a-t-il plaidé vendredi matin dans différents entretiens télévisés. "Nous étions choqués qu'il soit aussi manichéen. Nous savions que nous avions fait des erreurs, mais nous n'étions pas les seuls", a-t-il lancé.

Précisant ses accusations, l'ancien DG de la radio-télévision publique britannique a trouvé "étonnant de voir à quel point le juge Hutton a accordé le bénéfice du doute à presque tout le monde au sein du gouvernement et à presque personne au sein de la BBC". Dans ses conclusions sur l'affaire David Kelly mercredi, Lord Hutton avait de fait presque totalement blanchi le gouvernement Blair, l'exonérant notamment de toute "stratégie sournoise" pour divulguer à la presse le nom de ce scientifique.

Il avait eu à l'inverse des mots très durs contre la BBC, estimant que le reportage qui avait provoqué cette polémique était "infondé". Sur la base d'un entretien avec David Kelly, ancien inspecteur en désarmement de l'ONU en Irak devenu conseiller auprès du ministère de la Défense, Andrew Gilligan, un reporter de la BBC radio, avait accusé le gouvernement d'avoir exagéré un dossier de septembre 2002 sur l'arsenal irakien afin de le rendre "plus sexy" et de justifier l'entrée en guerre en Irak.

L'impartialité du juge Hutton avait été évoquée dès mercredi par Gavyn Davies, aussitôt après sa démission de son poste de président du Conseil des gouverneurs de la BBC. Pour le moins surpris par le verdict du magistrat, il s'était demandé comment "il était possible de concilier les dépositions particulièrement équilibrées durant l'enquête avec les conclusions manichéennes de Lord Hutton".

En août et septembre, le juge Hutton avait entendu 74 témoins de haut rang du gouvernement, des services de renseignement et de la BBC. Des centaines de documents secrets avaient en outre été dévoilés. Les détails révélés avaient alors, de l'avis général des observateurs, éclaboussé toutes les parties. Greg Dyke s'est aussi distancié de l'attitude officielle de la BBC, qui a présenté ses "excuses sans réserve", par le biais de son président par intérim, Richard Ryder.

"Je ne comprends pas exactement de quoi (les responsables de la BBC) se sont excusés", s'interrogeait Greg Dyke jeudi soir, avant d'insister sur la nécessité d'une BBC indépendante vendredi. "La BBC ne doit être le caniche de personne. Elle doit continuer à remettre le gouvernement en question", a-t-il insisté. Momentanément à la tête de la BBC, depuis le départ de Gavyn Davies mercredi, Lord Ryder, ancien journaliste au Telegraph devenu ensuite député conservateur (1983-1997), a également travaillé aux côtés de Margaret Thatcher, en tant que secrétaire politique (1979-1983).

Il faisait alors régulièrement part à ses collègues de sa méfiance des journalistes: "Quoi que vous fassiez, rappelez vous une chose, il ne faut jamais faire confiance aux médias", affirmait-il, selon des propos rapportés par le Guardian. Vendredi, le jugement de l'opinion publique semblait encore largement favorable à la BBC. Selon un sondage YouGov publié vendredi par le Daily Telegraph, 67% des personnes interrogées accordaient leur confiance à la BBC, contre seulement 37% au gouvernement Blair.
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