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Mercredi 15 Décembre 2004 à 00:00

La chaîne Al-Manar n'est plus diffusée par Eutelsat

La chaine du Hezbollah chiite libanais Al-Manar a cessé volontairement mardi à 15h00 d'émettre via l'opérateur satellitaire Eutelsat, se conformant ainsi à une décision prise par la justice française.

Dans un communiqué, Eutelsat a indiqué avoir été officiellement informée par Arabsat (le bouquet qui émet le signal de la chaîne Al-Manar) de la décision prise par cette chaîne de faire cesser volontairement sa diffusion. Le Conseil d'Etat, la plus haute instance administrative française, avait rendu lundi 13 décembre une ordonnance prescrivant l'arrêt de la diffusion cette chaîne à qui différents mouvements et associations reprochaient des propos racistes et antisémites. "Il n'y a pas de complaisance à avoir avec les propos qui appellent à la haine", a déclaré mardi le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier en réaction à la décision du Conseil d'Etat.

Eutelsat a de son côté "salué tout particulièrement les efforts déployés par l'organisation intergouvernementale Arabsat dans ces circonstances afin de permettre de préserver la continuité de service concernant l'ensemble des autres chaînes de télévision et stations de radio présentes dans son multiplex sur Hot Bird 4", dans un communiqué. "Nous ne souhaitions pas impliquer dans ce problème les chaînes arabes qui participent avec nous dans ce bouquet, ce qui aurait conduit à une nouvelle affaire", a affirmé à l'AFP le directeur de l'information d'Al-Manar, Hassan Fadlallah. "Cette mesure, a-t-il souligné, s'inscrit dans le cadre de la décision d'Al-Manar de poursuivre cette affaire par le biais des canaux juridiques".

La chaîne avait dénoncé lundi la décision comme étant le fruit "d'une campagne politique organisée par le lobby sioniste en France" Malgré la décision du Conseil d'Etat, les responsables d'Al-Manar voulaient croire mardi qu'ils avaient encore des chances d'obtenir un revirement, l'ordonnance prévoyant une révision possible de la décision à la demande notamment du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) français. Al-Manar a en effet une audience vendredi à Paris avec l'instance de régulation, avec laquelle elle a conclu le 19 novembre un conventionnement qui n'a pas été annulé et l'engage "à ne pas inciter à la haine, à la violence ou à la discrimination pour des raisons de race, de sexe, de religion ou de nationalité".

Elle était principalement diffusée en Europe par le satellite Hot Bird 4 de la société française Eutelsat, au sein d'un bouquet de neuf chaînes arabes émis par l'organisation Arabsat, dont le siège est à Ryad. La décision d'Al-Manar d'interrompre "volontairement" ses émissions permettra aux autres chaînes du bouquet (Sharjah TV, Qatar TV, Saudi Arabian TV, Kuwait Space Channel, Jamahirya Satellite Channel, Sudan TV, Oman TV, Egyptian Satellite Channel et une quinzaine de radios) de continuer à être diffusées normalement. Cette affaire risque aussi d'avoir des conséquences politiques. Ainsi, le Premier ministre libanais Omar Karamé a menacé mardi les médias français émettant au Liban de mesures réciproques au cas où Al-Manar serait interdite en France.

Il s'exprimait avant l'annonce de la décision de la chaîne de demander sa suspension volontaire. "Si la décision (du Conseil d'Etat) est mise en application, nous appliquerons le principe de réciprocité", a déclaré M. Karamé dans une conférence de presse à Doha (Qatar). "Certains responsables français ont reconnu l'existence de pressions israéliennes exercées sur eux (...). Al-Manar n'a pas commis d'erreur", a poursuivi M. Karamé. Il sera toutefois possible pour les téléspectateurs européens de continuer à capter Al-Manar via d'autres opérateurs satellitaires
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