Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Icon Facebook Icon Twitter Icon LinkedIn
Bouton Newsletter TS
Mercredi 22 Décembre 2004 à 00:00

les deux otages français en Irak libérés

Les deux otages français en Irak, les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, ont été libérés mardi après quatre mois de captivité et seront de retour mercredi en France, ont annoncé les responsables français.

La chaîne de télévision arabe Al Jazira a annoncé la nouvelle la première, citant "l'Armée islamique en Irak" qui avait revendiqué l'enlèvement des deux journalistes, le 20 août, sur une route au sud de Bagdad. "Ils ont été libérés, ils ont été remis aux autorités françaises, ils seront de retour dans la journée de mercredi", a annoncé peu après le porte-parole du ministère français des affaires étrangères, Hervé Ladsous. Le président Jacques Chirac, tout juste arrivé en vacances au Maroc, a exprimé sa "joie" et annoncé son retour immédiat à Paris.

Le frère de Georges Malbrunot, Bernard Malbrunot, a déclaré mardi soir avoir reçu l'assurance du président Chirac que les deux journalistes libérés passeraient la nuit de mardi à mercredi "dans un lieu sécurisé à Bagdad". "Le président Jacques Chirac m'a appelé de Marrakech et m'a dit qu'ils (les otages libérés, ndlr) passeraient la nuit dans un lieu sécurisé à Bagdad et qu'ils partiraient entre 7H00 et 8H00, via Chypre, et seraient en France mercredi, dans l'après-midi", a déclaré Bernard Malbrunot lors d'une conférence de presse à Montaiguet-en-Forez (Allier), commune où réside la famille de Georges Malbrunot.

L'avion de l'armée de l'air, "probablement un Falcon 900" d'une capacité de 14 passagers, décollera "tard dans la nuit" de mardi et "plus vraisemblablement tôt mercredi" de la base militaire de Villacoublay (Yvelines), a-t-on appris mardi soir auprès du ministère de la Défense. Outre le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier, que le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a chargé d'aller chercher Christian Chesnot et Georges Malbrunot, des proches des deux journalistes, "dont certains devaient arriver dans la nuit de province, pourraient également prendre place à bord du Falcon", a-t-on indiqué de sources concordantes. Selon le ministère de la Défense, "il est probable que le retour en France des deux ex-otages se fasse mercredi après-midi sur la base aérienne de Villacoublay" (Yvelines).

"Le président Chirac a dit qu'ils allaient bien", a-t-il ajouté. "C'est un magnifique cadeau de Noël", a déclaré le frère de Christian Chesnot, Thierry Chesnot. La mère de Georges Malbrunot a eu les mêmes mots. Cette libération, qui intervient au 124e jour de leur captivité, met fin à un épisode marqué par de rocambolesques tentatives d'intervention d'intermédiaires non officiels et une tournée du ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, dans des pays arabes. M. Chirac s'exprimera mercredi, dès que l'avion qui ramène Christian Chesnot et Georges Malbrunot aura quitté Bagdad", a précisé l'Elysée.

M. Barnier devait partir "dans la nuit" de mardi à mercredi chercher les deux ex-otages français, à la demande du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Ce dernier a exprimé, devant les sénateurs, sa "gratitude" aux agents de l'Etat qui ont contribué à la libération des otages. Il a exprimé sa "joie profonde", précisant que cette libération était le fruit d'une démarche "constante, difficile, discrète". Cette libération, qui intervient au 124 ème jour de leur captivité, met fin à un épisode marqué par de rocambolesques tentatives d'intervention par des intermédiaires non officiels, et une tournée du chef de la diplomatie française Michel Barnier dans des pays arabes. La Présidence de la République et le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin ont également annoncé cette libération.

L'Assemblée nationale a interrompu ses travaux pendant cinq minutes à l'annonce de la nouvelle, chaudement applaudie. M. Raffarin a exprimé sa "joie profonde". L'Elysée a confirmé que les deux journalistes seront "remis aux autorités françaises" et de retour en France "dès que possible". Dans un communiqué transmis par Al Jazira, l'Armée islamique en Irak met en avant plusieurs raisons à cette libération: "la preuve a été faite qu'ils n'espionnaient pas pour le compte des forces américaines". De plus, ajoute le groupe, leur libération répond "à des appels et des exigences d'institutions et d'organisations musulmanes et en appréciation de l'attitude du gouvernement français sur la question irakienne, et de celle des deux journalistes sur la cause palestinienne".

M. Barnier avait rencontré plusieurs responsables musulmans, dont des islamistes, notamment au Caire, pour leur demander d'intercéder auprès des ravisseurs. Une délégation de musulmans de France s'était quant à elle rendue à Bagdad, dans le même but. Christian Chesnot, qui travaille pour Radio France Internationale (RFI), et Georges Malbrunot, journaliste au quotidien Le Figaro, avaient été enlevés avec leur guide syrien, alors qu'ils se rendaient à Nadjaf, à 160 km au sud de Bagdad, pour couvrir la rébellion du chef radical chiite Moqtada Sadr. Leur accompagnateur syrien Mohamed al-Joundi avait lui été rélâché dès novembre. Retrouvé par l'armée américaine le 12 novembre à Falloujah, à l'ouest de Bagdad, puis élargi le 17 à Bagdad, il a fait état de mauvais traitements par les soldats américains.

Un député de la majorité présientielle, Didier Julia, avait tenté une mission parallèle pour faire libérer les deux journalistes, se rendant notamment en Syrie. Cette démarche avait été condamnée par les autorités françaises, qui l'ont jugée de nature à retarder l'issue. Si leur lieu de détention n'a jamais été connu avec précision, beaucoup d'indices portent à croire que les otages se trouvaient retenus à Latifiyah, à 40 km au sud de Bagdad, au coeur de ce qui est devenu au fil des mois "le triangle de la mort" en raison des durs combats qui y opposent l'armée américaine et les groupes de la résistance sunnite.

La mère de Georges Malbrunot, Andrée Malbrunot, a déclaré mardi soir à l'AFP que l'annonce de la libération des deux journalistes français retenus en otage en Irak était "le plus beau cadeau de Noël". "C'est notre fils Bernard qui est venu nous le dire, car c'est chez lui que le quai d'Orsay a appelé à l'instant", a précisé Mme Malbrunot, jointe par téléphone. "Tant que ce n'était pas confirmé, on pouvait pas être sûrs, on a tellement eu de fausses joies, on y croyait tout juste", a-t-elle ajouté, très émue. Leur libération "apporte un immense soulagement à l'ensemble des collaborateurs de Radio France Internationale", a indiqué dans un communiqué Antoine Schwarz, président de RFI.

Il a remercié "les autorités politiques, religieuses, diplomatiques" qui ont aidé à cette libération. Nicolas Beytout, directeur de la rédaction du quotidien Le Figaro, auquel collaborait Georges Malbrunot, a fait part sa "très grande joie", tout comme France Info pour laquelle travaillait aussi Christian Chesnot. Les médias français s'étaient largement mobilisés dès le début de l'enlèvement, qu'ils mentionnaient à chaque fois dans leurs bulletins d'information. Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, a indiqué quant à lui à l'AFP après la libération des otages français: "c'est fantastique, on est fous de joie".

De nombreux représentants de la classe politique française se sont félicités de cette libération. Le recteur de la grande Mosquée de Paris et président du CFCM (Conseil français du culte musulman) Dalil Boubakeur a dit son "émotion" et son "bonheur" après la libération des deux otages français en Irak. "Un seul mot me vient à l'esprit: Hamdullilah ! (Louange à Dieu)", a déclaré à l'AFP M. Boubakeur qui a qualifié ces libérations d'"inattendues".
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de concession de service public
Centre hospitalier de Douai
Concession de services publics : Fourniture et exploitation de services multimédias dédiés aux patients du Centre hospitalier de Douai et aux résidents de l'EHPAD Marceline Desbordes Valmore.
» Voir l'avis de concession de service public