Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Jeudi 26 Octobre 2000 à 00:00

"De mémoire d'éléphant" ou Hervé Bourges par lui-même

Le président du Conseil supérieur de l'Audiovisuel (CSA), Hervé Bourges, livre, avec "De mémoire d'éléphant", sa vérité sur un parcours sinueux qui l'a mené de Lille à Alger et de Témoignage Chrétien à la présidence de TF1 puis à celle de France Télévision.

On attendait Hervé Bourges sur ses souvenirs d'homme de télévision mais c'est sur l'Algérie, l'Afrique, l'UNESCO ou les écoles de journalisme de Lille et de Yaoundé que "Bourges l'Africain" s'exprime avec le plus de passion. Rien ne prédestinait cet enfant de la grande bourgeoisie rennaise né le 2 mai 1933 à devenir trois décennies plus tard "le conseiller technique chargé de l'information et de la jeunesse" d'Ahmed Ben Bella, premier chef d'Etat de l'Algérie indépendante. Rien, si ce n'est "l'apprentissage de la liberté" chez les jésuites à Reims.

A l'issue de ses études secondaires, le jeune homme se verrait bien comédien. Ce n'est pas une "situation" décrète son père, ingénieur. Ce sera donc la presse. A sa sortie de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ), Hervé Bourges entre à Témoignage Chrétien dont il devient l'éditorialiste, infatigable pourfendeur de la guerre d'Algérie, de la torture, de Maurice Papon et de ses émules. Ce qui ne l'empêche pas de rejoindre, à 27 ans, le cabinet d'Edmond Michelet, ministre de la Justice du général De Gaulle. Il y sera notamment chargé des conditions de détention de cinq dirigeants du FLN, dont un certain Ahmed Ben Bella. Le jeune homme a "pris goût" au pouvoir et lorsque Ben Bella l'appelle à ses côtés en août 1962, il accepte avec l'ambition de devenir un "trait d'union" entre les deux rives de la Méditerranée.

"Tricard" en France, condamné à mort par l'OAS, il achève son aventure algérienne quelques mois après le coup d'Etat du 19 juin 1965 qui dépose Ben Bella. Un interrogatoire musclé de la Sécurité militaire met fin à sa carrière de haut fonctionnaire. Homme de réseaux ("Un tiers mondiste, deux tiers mondain", ironise le Canard Enchaîné), Hervé Bourges trouve alors dans l'Afrique noire des années 70 un terrain d'élection. Il y fonde l'Ecole internationale de journalisme de Yaoundé.

Ces années en feront un expert écouté de François Mitterrand puis de Jacques Chirac. A "sa grande stupéfaction", ce dernier lui propose en juillet 1995 le ministère de la Coopération, alors qu'il est déjà président du CSA. "Non seulement vous seriez parfait pour ce rôle, mais en plus vous êtes de gauche", lui dit-il dit. La proposition fera long feu. Hervé Bourges a 50 ans lorsqu'il exerce pour la première fois ses talents dans l'audiovisuel, à RFI. Son succès sera un tremplin vers ce qu'il appelle les "années lumières", celles de TF1 (1983-1987).

Quatre ans plus tard, TF1 privatisée tombe dans l'escarcelle de Francis Bouygues. Hervé Bourges s'en indigne encore: c'était, assure-t-il, une "grave erreur historique, une faute, car on ne vend pas la mémoire audiovisuelle d'un pays". Les fins de mandat ne réussissent décidément pas à celui qui assure de 1990 à 1993 le renouveau de France 2 et France 3. Edouard Balladur reconnaît sa "réussite incontestable" mais ne juge "pas opportun, la majorité parlementaire ayant changé", qu'il soit candidat à sa propre succession.

Tenu au devoir de réserve, Hervé Bourges, est peu disert sur le CSA qu'il quittera le 24 janvier 2001. Pas un mot non plus sur ses projets. ("De mémoire d'éléphant", Ed. Grasset, 500 p., 149 francs)
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution