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Dimanche 19 Novembre 2000 à 00:00

Regain de tension autour du sort de Canal+

A trois semaines de la fusion annoncée entre Vivendi, Canal+ et Seagram, le sort de la chaîne cryptée dans le futur mastodonte de la communication continue de déchaîner les passions et de susciter l'inquiétude des professionnels du cinéma. Craignant entre autres que le "coeur même" de Canal+, son parc d'abonnés, ne tombe intégralement dans l'escarcelle de Vivendi Universal, M. Rousselet estime que la "mécanique infernale" de la fusion "ne peut recevoir l'approbation des autorités de régulation".

Dans sa réponse du berger à la bergère, Pierre Lescure remet les pendules à l'heure, soulignant que "Canal+ a énormément changé" depuis le départ de son fondateur et affirmant que la chaîne cryptée "a opté pour une stratégie offensive de mouvement et de conquête". Cette stratégie ne pourra voir le jour qu'après un ultime avis du CSA sur la fusion. En juillet, il avait annoncé qu'il ne "s'opposerait pas" à la fusion mais veillerait toutefois aux "contrats entre la chaîne et sa société de distribution". Le CSA a obtenu ces contrats fin octobre et les examine actuellement très scrupuleusement. L'autorité a reçu ce mercredi les professionnels du cinéma et entre maintenant "en phase d'analyse et de conclusion". Il semble que le CSA n'ait pas à demander davantage que quelques "améliorations" des textes.

Le septième art, lui, demande plus que de simples améliorations. "Nous sommes tous unis dans la même inquiétude", a déclaré à l'AFP Pascal Rogard, délégué général de la société des auteurs, réalisateurs et producteurs (ARP). Soucieux de l'utilisation que pourrait faire Vivendi Universal du parc d'abonnés de Canal+, dont il aura la jouissance pour les activités non liées à la chaîne à péage, les professionnels réclament aujourd'hui "un droit de veto encadré par le CSA". Ils souhaitent également que soient définies les conditions dans lesquelles Canal+ pourrait "récupérer ses billes" si Vivendi Universal passait sous la coupe de nouveaux actionnaires. Ils veulent enfin que "les niveaux d'investissement de Canal+ soient maintenus", selon M. Rogard. "Pour l'instant, aucun de ces points ne figure dans les contrats et nous avons demandé au CSA de les exiger", a-t-il ajouté. Encore faut-il que le CSA en ait les moyens et que cela entre dans ses attributions. "Si nous n'obtenons pas satisfaction, nous irons au Conseil d'Etat", a-t-il assuré.

Il y a fort à parier que dans ce contexte d'interrogations, somme toute inévitable si l'on considère l'ampleur de la fusion annoncée, la première rencontre de Jean-Marie Messier avec les employés de la chaîne, prévue le 22 novembre, aura pour but de calmer les esprits. "Cette réunion était prévue de longue date et arrange tout le monde", assure-t-on à la direction de Canal+. Jean-Marie Messier pourra en profiter pour faire le point sur les rumeurs, notamment sur l'éviction du directeur des programmes, Alain De Greef.

Quoi qu'il en soit, les syndicats veillent. "Nous n'avons de certitudes qu'à court ou court-moyen terme", a affirmé à l'AFP Gérard Chollet, délégué général CFDT de Canal+. "S'il y a une menace pour les salariés, la CFDT utilisera tous les moyens et actions en son pouvoir pour les protéger".
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