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Lundi 20 Novembre 2000 à 00:00

Réveil douloureux pour RTL

Après un sérieux lifting à la rentrée, l'inébranlable RTL vient de trembler sur ses fondations, accusant une sévère baisse d'audience, pour avoir voulu faire le grand écart entre ses auditeurs traditionnels et un public plus jeune qu'elle cherche à séduire.

Tout en gardant le leadership, RTL subit de plein fouet les changements introduits dans la grille des programmes, avec notamment le départ tonitruant de Philippe Bouvard de l'émission phare des "Grosses Têtes", remplacé par Christophe Dechavanne, et l'arrivée de Laurent Boyer qui a succédé à Fabrice, autre figure historique de la station.

Alors que le média radio se porte plutôt bien, RTL doit se contenter de 15,1% d'audience, selon le dernier sondage de Médiamétrie de septembre-octobre 2000 contre 17,2% l'année dernière. La station accuse aussi le coup par rapport à la vague précédente d'avril-juin (16,7%). "C'est plus dur que prévu, mais c'était prévu que ce soit dur", reconnaît Stéphane Duhamel, directeur général de RTL. "On s'attendait à perdre plutôt un point que deux", concède-t-il dans un entretien à l'AFP. "Nous avions pris la précaution de dire, lors de la présentation de la nouvelle grille, que l'on aurait, pendant 12-18 mois, de mauvais sondages et des moments difficiles".

Analysant les raisons de cette dégringolade dans les sondages, dont RTL est peu coutumière, Stéphane Duhamel y voit un double phénomène. "En fait, ce ne sont pas les nouveautés que les auditeurs les plus conservateurs ont rejetées, mais bien le changement". Pour preuve: aucune émission ou tranche d'information n'est épargnée par cette désaffection d'une partie du public. "Il y a une forme de réaction que l'on retrouve sur l'ensemble de la grille et pas simplement sur telle ou telle nouveauté que les auditeurs pourraient ne pas aimer", précise Stéphane Duhamel. Pour le patron de RTL, la désaffection d'une partie des auditeurs, notamment des plus âgés, est également à mettre au compte de "la campagne de dénigrement" orchestrée par Philippe Bouvard, évincé de RTL après avoir tenu les rênes des "Grosses têtes" depuis 24 ans.

C'est d'ailleurs cette émission emblématique qui souffre le plus de la cure de rajeunissement imposée à la station. Pour Christophe Dechavanne, propulsé aux commandes des "Grosses têtes", le constat est sans appel. Alors que l'émission rassemblait 2,8 millions d'auditeurs il y a un an, ils ne sont plus que 2,2 millions à rire des blagues de l'animateur et de ses comparses.

Stéphane Duhamel, pourtant, se veut indulgent, estimant qu'il faut "donner du temps" à ce type d'émissions, "qui n'a que huit semaines d'existence". Si les chiffres bruts paraissent accablants pour RTL, les professionnels sont loin d'être aussi sévères pour la station de la rue Bayard. "RTL perd 100.000 auditeurs sur les 60 ans et plus et progresse sur les 25-34 ans, en gagnant 23.000 auditeurs", analyse Luciano Bosio, directeur adjoint de Carat Expert, département d'expertise de l'agence de conseil en publicité. "La nouvelle grille annonçait un objectif de rajeunissement avec un risque assumé de perdre des auditeurs. Globalement, l'objectif poursuivi par la nouvelle grille est en bonne voie", estime-t-il. "Mon seul bémol porte sur les 35-49 ans", ajoute-t-il. "Pour l'instant, l'objectif de conquérir de nouveaux auditeurs sur cette tranche n'est pas atteint".

Fort de ces conclusions, Stéphane Duhamel n'entend pas changer de cap. "Nous nous donnons entre 12 et 18 mois". "L'idée est de rester et de loin le leader, de retrouver un peu de couleur et d'être attractif pour les différentes générations".
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