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Vendredi 24 Novembre 2000 à 00:00

La mise à mort de Mir programmée

Moscou a annoncé que la station Mir serait détruite vers le 27-28 février, par manque de financement et pour des raisons de sécurité, refermant une page de l'histoire de la conquête spatiale de la Russie. "Un dernier cargo Progress sera envoyé fin février vers la station pour lui donner les deux dernières impulsions afin que les 27/28 février Mir entre dans l'atmosphère (pour être détruite)", a annoncé le directeur de l'Agence spatiale russe Iouri Koptiev.

Les morceaux qui n'auront pas été désintégrés retomberont dans l'Océan Pacifique, a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse. La station sera détruite dans l'atmosphère en 35 minutes, a précisé le responsable. La date exacte de la destruction, qui dépendra des conditions atmosphériques, sera déterminée au plus tôt trois jours avant l'opération, a-t-il ajouté, soulignant que l'endroit précis de l'Océan où tomberont les derniers débris ne serait déterminé que 12 heures avant. "Les derniers débris tomberont dans l'océan Pacifique à environ 1.500 à 2.000 kilomètres des côtes de l'Australie, dans une zone internationalement reconnue comme le +cimetière des engins spatiaux+", a indiqué M. Koptiev.

Les experts russes en balistique du Centre de contrôle des vols spatiaux (TsOuP) estiment cependant que le risque de voir un débris de Mir retomber sur terre n'est pas totalement écarté. "Nous ne savons pas comment se comportera en pratique une telle machine à une altitude de 200 km", a souligné un expert du TsOuP, Nikolaï Ivanov, cité par Itar-Tass.

La survie de la station a été prolongée à de nombreuses reprises et l'incertitude quant à la date de sa destruction finale a persisté jusqu'au dernier moment. M. Koptiev a tenu à souligner que l'abandon de Mir était certes en partie dû à des raisons financières, la Russie étant engagée dans le programme de la Station spatiale internationale (ISS) et n'ayant ainsi pas les moyens de financer parallèlement Mir, mais également à des raisons de sécurité. "La station est exploitée depuis près de 15 ans alors qu'à l'origine elle devait l'être pour trois ans, puis cinq...", a-t-il rappelé.

Durant toutes ces années, Mir a connu de nombreuses avaries qui ont nécessité des réparations, parfois de fortune, et la station est désormais victime de la corrosion. L'avalanche de petits problèmes remet aujourd'hui en cause la sécurité à bord de la station, selon M. Koptiev. "Les problèmes de financement existent, mais il ne faut pas se braquer dessus. Nous sommes à un moment où n'importe quel appareil peut s'arrêter de fonctionner à tout instant", a-t-il reconnu.

Dans ces conditions, les autorités russes ont préféré prendre la décision de contrôler la destruction de la station pour en limiter les risques. Les 130 tonnes de Mir vont se désintégrer dans les couches denses de l'atmosphère en milliers de morceaux. Certains de ces morceaux, qui pèseront jusqu'à 700 kg, atteindront cependant la Terre à une vitesse qui leur permettrait "de traverser un mur de béton de deux mètres d'épaisseur", selon M. Koptiev.

La destruction de Mir, qui faisait travailler directement ou indirectement 80.000 personnes, est accueillie avec tristesse par la population russe qui réclamait à 41% que le gouvernement trouve les moyens pour la maintenir en orbite, selon un sondage ROMIR publié jeudi matin avant l'annonce officielle de sa destruction.

Les cosmonautes russes Sergueï Zaliotine et Alexandre Kaleri resteront dans l'histoire comme les derniers hommes à avoir vécu dans la station Mir, qui a accueilli de nombreux équipages internationaux et notamment des spationautes français et américains. Depuis la fin de leur mission le 16 juin 2000, Mir tourne à vide.
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