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Vendredi 8 Décembre 2000 à 00:00

Jean-Marie Messier au sommet

Jean-Marie Messier, qui a porté Vivendi Universal sur les fonts baptismaux sous un chapiteau de plastique transparent planté dans la Cour carrée du Louvre, a réalisé cette semaine son rêve de manager réaliste et pugnace d'entrer dans le Club des grands de l'internet et du multimédia.

La Federal Trade Commission américaine a indirectement comblé ses voeux au-delà de ses espérances: Vivendi Universal sera le premier groupe mondial intégré de communication à voir le jour, avant AOL/Time Warner dont la fusion attend toujours le feu vert de la FTC. Jean-Marie Messier avait indiqué avoir pour unique regret le fait d'avoir vu naître son "enfant", Vivendi Universal, après AOL/Time Warner. Mais les lampions de la fête éteints, il lui faudra convaincre ses actionnaires de la rentabilité de l'opération, évaluée à 40 milliards d'euros, et rassurer ses salariés. Aux détracteurs craignant un "dérapage", Jean-Marie Messier, dont le visage de premier communiant dissimule un caractère trempé, jette un vers du poète René Char: "ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience".

Pour imposer son projet de fusion entre Vivendi et Seagram, M. Messier affirme avoir dû ferrailler avec les "frileux" qui "préfèrent le scepticisme à l'enthousiame, râler plutôt qu'agir, défendre un pré carré plutôt que de partir à la conquête". En entrant en 1994 à la Générale des Eaux, la "Veille Dame" créée sous Napoléon III, à l'appel de Guy Dejouanny, son patron vieillissant qui cherchait alors un successeur, Jean-Marie Messier avait déjà dû "bousculer l'ordre des choses", selon son expression. Deux ans après, il en prenait la présidence pour la conduire des métiers du XIXeme siècle vers ceux du XXIe siècle : multimédia, communication et internet. Tout en gardant certains de ses métiers historiques (eau, propreté, transport) regroupés dans Vivendi-Environnement. Il se sépare néanmoins d'activités traditionnelles comme l'immobilier, le BTP, la santé, la restauration collective, pour concentrer les moyens du groupe sur la nouvelle économie. Il prend le tournant de la téléphonie mobile avec SFR et part à la recherche d'alliances dans ses nouveaux métiers. Il est la cheville ouvrière, avec le britannique Vodafone, d'un portail sur internet, Vizzavi.

L'absorption de Havas (multimédia, édition, presse professionnelle et information) en 1998 restera l'un des plus beaux "coups" de Jean-Marie Messier, qui parie tôt sur le mariage du "contenu" avec l'industrie de la diffusion, dont Vivendi Universal est la consécration. Il choisit lui-même un nouveau nom pour le groupe, Vivendi, avec une consonnance résolument internationale sans lien avec l'environnement et l'eau. Polytechnicien, inspecteur des finances, ce Normand d'origine, Grenoblois de naissance, se fait une place et un nom dans le cercle fermé des dirigeants de l'industrie en France, aimé, jalousé ou redouté.

Mais depuis qu'il a converti son groupe à la communication, il a su endosser l'habit du parfait communicant, maniant l'autodérision et n'hésitant pas à titrer son premier livre du sobriquet dont il a été affublé par l'émission satirique de Canal Plus, les "Guignols": J6M.Com. C'est un acte de foi dans l'internet et un plaidoyer pour la transparence patronale. Il y dévoile la totalité de sa rémunération: 6,5 MF de salaire net en 1999, et deux millions de stock-options à juillet 2000, d'une valeur de 22 millions d'euros.
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