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Vendredi 15 Décembre 2000 à 00:00

Menace sur les trésors cambodgiens sur France 2

Au départ, c'est l'histoire d'un "coup de gueule" : en décembre 1998, Claude Jacques, historien français du Cambodge, découvre par hasard chez un antiquaire de Bangkok une inscription khmère ancienne très précieuse, présentée comme un faux et pourtant proposée à 8000 dollars... Le scientifique la fait saisir par le directeur de l'Archéologie thaïlandaise.

Le mois suivant, la police thaïlandaise intercepte un camion chargé de 117 blocs de sculptures khmères. Supposant qu'elles devaient provenir du site de Banteay Chmar, à 25 km de la frontière thaïlandaise, Claude Jacques s'y rend immédiatement, "ameute" les autorités de Phnom Penh, en fait parfaitement au courant...

A partir de là, Claude Jacques ne cessera de batailler contre le fléau du pillage, qui a longtemps bénéficié de la complicité des militaires. Le film réalisé par Pierre Stine,"Au-delà d'Angkor, menace sur les trésors cambodgiens", est une co-production France 2/Gédéon programmes/Turner et Turner et CNRS Images/Média (diffusion sur France 2 le 17 décembre à 15h30).

Il relate la croisade menée par l'épigraphiste français, l'une des rares personnes au monde capables de déchiffrer les clés de l'ancienne civilisation khmère, pour "arrêter le carnage" et mettre à l'abri ce qui peut encore être sauvé. "Imaginez, dit-il, que nous ne connaissions l'époque médiévale en France qu'à travers ses cathédrales et qu'elles soient justement débitées en morceaux pour être vendues aux quatre coins du monde"... Une épopée archéologique Devant l'urgence, Claude Jacques prend la tête d'une mission de reconnaissance de grande envergure, avec le soutien de l'UNESCO, pour recenser tous les sites et les protéger. Il est accompagné de Christophe Pottier, architecte et chercheur à Angkor, et d'une jeune ethnologue américaine. Les prises de vue aériennes en ballon et en hélicoptère et la découverte de sites enfouis dans la jungle après plusieurs jours de voyage sur des pistes impraticables donnent à cette mission archéologique une dimension épique. Certains endroits n'ont pas été visités par les archéologues depuis plus de trente ans et ne sont toujours pas débarrassés de leurs mines anti-personnel.

Après ces décennies de guerre et d'isolement, le Cambodge a retrouvé la paix. Le magnifique site d'Angkor est désormais arpenté par des milliers de visiteurs, mais sa notoriété ne doit pas éclipser une multitude d'autres trésors architecturaux. Ignorés du public, ces sites, qui représentent quatre cinquièmes du patrimoine culturel du pays, continuent de faire l'objet de pillages au profit de riches collectionneurs sans scrupules.

Ces jours-ci encore, la presse cambodgienne a fait état de pillages systématiques de sites funéraires par des villageois, non loin, précisément, de Banteay Chmar. Cette "tradition" du pillage bien ancienne remonte en fait à l'époque coloniale. "L'un des plus célèbres pilleurs n'est d'ailleurs autre qu'André Malraux qui, en 1923, avait volé des bas-reliefs dans le temple de Bantea Srei, pour le compte d'un antiquaire allemand", assure Claude Jacques. Plus près de nous, la fin de la guerre civile, au début des annés 1990, a attisé les convoitises, le pays étant tout à la fois plus accessible et au bord du chaos.

Claude Jacques ose modestement espérer que son action aura fait bouger les choses : "Des mesures ont été prises, des militaires ont été sanctionnés ou déplacés", dit-il. "Reste à faire connaître les sites que notre mission a parcourus et à les rendre accessibles au visiteur". Car, et c'est sa conclusion à première vue paradoxale, "l'essor du tourisme est aujourd'hui la seule solution de remplacement au pillage organisé".
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