Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Icon Facebook Icon Twitter Icon LinkedIn
Bouton Newsletter TS
Dimanche 17 Septembre 2006 à 00:00

La fiction télévisée française s'enhardit et aborde des sujets tabous

La fiction télévisée française, longtemps critiquée pour sa frilosité, s'enhardit et commence à traiter de manière frontale de grands sujets d'actualité politique ou judiciaire, comme le font les Britanniques depuis de nombreuses années.

Signe des temps : c'est le téléfilm "Vive la bombe!" de Jean-Pierre Sinapi qui a remporté le Prix du meilleur téléfilm au Festival de la fiction télévisée de Saint-Tropez, qui s'est achevé samedi soir. "Vive la bombe!" s'inspire d'une histoire vraie, celle de soldats du contingent contaminés lors d'un essai nucléaire souterrain en Algérie en 1962, après les accords de paix. "Dès qu'on entre dans la vie réelle d'aujourd'hui, on est pris pour des fouteurs de +merde+. La France met très longtemps à regarder son histoire", regrette Dominique Ladoge, réalisateur des "Vauriens", un téléfilm sur les bagnes pour enfants à Belle-Ile dans les années 30, bientôt sur France 3.

"Si vous trahissez l'oeuvre de Balzac, vous êtes un mauvais metteur en scène. Si vous traitez d'un sujet actuel, vous courez un risque, vous engagez votre responsabilité", ajoute-t-il. Pour Pierre Boutron, qui a notamment réalisé "Le Rainbow Warrior" pour Canal+, "il y a une sorte d'autocensure sous-jacente". "Si on aborde tel ou tel sujet, on a peur de se prendre une volée de bois vert". Ainsi, la diffusion sur France 3 de "L'affaire Villemin" est suspendue à l'attente d'une décision de justice, un référé ayant été déposé par des protagonistes de cette affaire au nom du "respect de la vie privée" et de la "présomption d'innocence".

Takis Candilis, responsable de la fiction sur TF1, espère que les téléfilms sur de grandes affaires judiciaires récentes pourront être diffusés. TF1 a tourné un téléfilm sur l'affaire Ranucci qui a, lui aussi, suscité des plaintes, avant même sa programmation. Frilosité, peur des ennuis, difficulté à traiter un sujet touffu pour lequel on manque de recul... Pierre Boutron évoque également "un manque de cruauté" de la part des auteurs. Un producteur, qui ne souhaite pas être cité, parle lui d'un "déficit de vérité et de maturité". Mais quand ces deux composantes sont présentes dans la traduction en écrit et en images d'un grand sujet contemporain, elles donnent au film "une puissance totale", comme le prouvent des téléfilms britanniques tels que "Sex Traffic" sur le trafic des filles de l'Est, ajoute-t-il.

"Il y a toutefois pas mal de bons clignotants actuellement", souligne Sarah d'Abboville, productrice à GTV. "Dans la tête d'un tueur" (TF1), qui retrace l'histoire du tueur en série Francis Heaulmes, est "un petit caillou" dans cette direction, estime-t-elle. Dans ce nouvel effort pour "se colleter au réel", Arte et Canal+ font figures de pionnières. Ces deux chaînes disposent, il est vrai, d'une plus grande marge de manoeuvre que les autres chaînes hertziennes car elles dépendent moins, ou pas du tout, de la publicité. Canal+ propose ainsi, depuis deux ou trois ans, des films à résonance politique ("Le Rainbow Warrior", "Le S.A.C"...).

La chaîne cryptée prépare des films sur l'affaire Elf, l'opération Turquoise au Rwanda, la banlieue ou le parcours de jeunes Français partis en Irak. "L'idée est de secouer le cocotier", déclare Fabrice de la Patellière, responsable de la fiction. Chez Arte, "les films sur le réel sont la priorité actuelle", explique François Sauvagnargues, directeur de la fiction. Au programme pour 2007: des films sur la présidentielle de 2002 ("Poison d'avril") et les émeutes de Clichy en 2005 ("Une enquête").
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de concession de service public
Centre hospitalier de Douai
Concession de services publics : Fourniture et exploitation de services multimédias dédiés aux patients du Centre hospitalier de Douai et aux résidents de l'EHPAD Marceline Desbordes Valmore.
» Voir l'avis de concession de service public