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Mercredi 27 Septembre 2006 à 00:00

Les allemands bientôt soumis à la redevance sur l'internet

L'Allemagne, constatant qu'on peut aussi écouter la radio grâce à Internet, devrait réclamer à partir de janvier prochain le paiement de la redevance audiovisuelle aux entreprises connectées au web, un projet peu apprécié des milieux économiques.

Une telle réforme, qui a fait débat en France au cours des dernières semaines, mais dont le Premier ministre Dominique de Villepin vient d'écarter la possibilité, était envisagée en Allemagne depuis 1999 mais avait toujours été repoussée depuis. Or, les ministres-présidents des Etats régionaux (Länder), compétents en la matière, doivent décider en octobre de mettre fin à ce moratoire au 1er janvier prochain. La "redevance internet" n'étant pas cumulative, elle ne concernera pas, dans leur immense majorité, les particuliers qui surfent à domicile, car la plupart possèdent déjà un téléviseur et payent donc à ce titre 17,03 euros par mois.

Les principales victimes de la réforme seront donc les entreprises, en tout cas toutes celles qui, ne possédant ni radio ni téléviseur, ne payaient pas jusqu'à présent de redevance. Qu'elle utilise ou non l'internet pour écouter la radio, chaque entreprise connectée au web -- ou détentrice de téléphones portables ou d'assistants personnels pouvant capter la radio -- devra verser 5,52 euros par mois. Cette somme correspond au montant de la redevance radio, les pouvoirs publics considérant que, pour le moment, il n'est pas possible de regarder la télé sur internet, du moins pas les chaînes publiques.

Pour la Fédération des chambres de commerces et d'industrie allemandes (DIHK), cette somme est certes modique, mais la réforme survient dans un contexte où les entreprises sont déjà très sollicitées, avec notamment une augmentation de trois points de la TVA, également le 1er janvier prochain. Dans les milieux économiques, on met surtout en avant une question de principe et on dénonce une réforme à leurs yeux injuste. "Les grosses entreprises, équipées de centaines voire de milliers de PC, devront payer la même chose que les PME ou les professions libérales, qui parfois n'en ont qu'un", s'emporte Katja Sobania, spécialiste des nouvelles technologies de l'information à la DIHK. "Ce que nous trouvons surtout inacceptable, c'est qu'on taxe les outils de travail des entreprises, qui à plus de 95% n'utilisent jamais leur PC pour écouter la radio", ajoute-t-elle.

"Et, en plus, elles ne peuvent pas renoncer à cet outil de travail, ne serait-ce que parce que les pouvoirs publics les obligent à déclarer leurs revenus et leurs charges sociales par voie électronique"! Bizarrement, le montant que pourrait rapporter cette extension de la redevance fait débat. La DIHK, estimant à 2,5 millions le nombre d'entreprises ou de sites concernés, avance le chiffre de 165 millions d'euros par an. Les chaînes publiques de télévision, elles, parlent de 2 à 3 millions par an, en tout cas les premières années.

"On ne peut pas repousser indéfiniment cette réforme", fait-on valoir à la direction de la société publique de radio-télévision ARD: "Le monde des médias évolue à grande vitesse. Il est logique que la redevance s'applique à tous les appareils capables de recevoir nos programmes".
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