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Vendredi 13 Octobre 2006 à 00:00

Audacieux feuilletons syriens sur la corruption pour le ramadan 2006

Corruption dans les cercles du pouvoir, violence, adultère, drogue, misère, les feuilletons télévisés syriens ont abordé des sujets audacieux pour ce ramadan, dont se régalent les Syriens.

"Gouzlane Fi Ghabet al-Zia'b" (Gazelles dans la forêt des loups), le nouveau feuilleton de la réalisatrice syrienne Racha Charbatji, raconte le comportement "exécrable" du fils d'un responsable, sur fond d'une société misérable où les les gens survivent dans des maisons délabrées. Des épisodes ne sont pas sans rappeler l'ancien Premier ministre syrien Mahmoud al-Zohbi (1987-2000) qui s'était suicidé en mai 2000 après avoir été accusé de corruption. Des histoires, connues du public, sur l'exploitation du pouvoir, notamment l'épisode du vol de sceaux officiels par le fils d'un Premier ministre, y sont évoquées. "Le sujet est audacieux. On s'était demandé si la censure allait l'interdire", a déclaré Racha Charbatji à l'AFP. "Je n'ai certainement pas voulu viser une personne en particulier. L'histoire et les personnages sont imaginaires. Il s'agit du conflit éternel entre le pouvoir et l'argent", a-t-elle affirmé.

"C'est la première fois qu'un drame social pose le problème de la corruption du pouvoir. Avant, on optait pour la comédie" pour parler de nos problèmes, a expliqué le scénariste Fouad Houmeira. Il a contesté la censure de séquences dénonçant "les lois faites sur mesure", ou montrant des proches de responsables échangeant des coups de feu dans des lieux publics. Outre les deux chaînes de télévision syriennes, le feuilleton est diffusé par les chaînes marocaine, tunisienne, et yéménite. Il a été récemment acheté par la MBC (saoudienne) et la NTV (libanaise), selon la réalisatrice. En Syrie, les autorités tentent en vain depuis des années de lutter contre la corruption qui mine le pays. Le quotidien gouvernemental as-Soaura a déploré jeudi "le mauvais état des institutions gouvernementales, en raison de l'absence des systèmes de contrôle".

Côté société, les réalisateurs syriens n'ont pas hésité non plus à franchir des lignes rouges: décrire la vie sentimentale des femmes, montrer des jeunes filles libérées dans les boîtes de nuit. Dans "Assiad al-Mal" (Les seigneurs de l'argent)" où encore une fois la corruption et l'amour jouent le rôle principal, le réalisateur syrien Youssef Rizk traite des relations extra-conjugales des femmes, sujet quasiment tabou jusque là. Dans cette oeuvre bâtie autour d'une famille bourgeoise richissime, qui n'est pas sans rappeler les séries américaines (villas avec piscines, conflits entre pères et fils), figure une bande de malfaiteurs qui se font passer pour un groupe religieux. Ceci est probablement inspiré des affrontements armés entre forces de l'ordre syriennes et groupes extrémistes, qui ont lieu depuis quelque temps en Syrie.

La satire politique est omniprésente dans un feuilleton comique "Ayyam al-Waldanah" (les années de jeunesse). Doureid Lahham, comédien syrien célèbre dans le monde arabe, y incarne un responsable des services de renseignement. Cette série est diffusée par des télévisions arabes (omanaise et irakienne). Son auteur, le journaliste de renom et opposant Hakam al-Baba, a choisi, depuis quelque temps, de vivre à l'étranger. Pour ce ramadan, plus de 40 feuilletons syriens ont été produits. Le coût moyen de chaque oeuvre est d'"au moins 18 M SYP" (360.000 USD), selon un professionnel du secteur.
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