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Samedi 28 Octobre 2006 à 00:00

Diffusion de "L'affaire Villemin" sur FR3

Les protagonistes de l'affaire Villemin attendaient vendredi pour certains avec sérénité, pour d'autres avec inquiétude la diffusion ce week-end d'un téléfilm sur l'assassinat en 1984 de Grégory, jamais élucidé.

Les époux Villemin, parents du garçonnet de quatre ans et demi dont le corps avait été retrouvé le 16 octobre 1984, pieds et mains liés dans la Vologne, une rivière des Vosges, espèraient que "L'affaire Villemin", diffusée par épisodes samedi, dimanche et lundi par France 3, aiderait à la manifestation de la vérité. "Nous avons (...) l'espoir que des témoins en relation avec la mort de Grégory puissent enfin parler, libérer leur conscience", déclarait Jean-Marie Villemin, dans un entretien publié mercredi par le quotidien La Croix. "La diffusion de ce film et son retentissement peuvent, peut-être, déclencher des aveux", ajoutait-il. "Le film est criant de vérité", a commenté Christine Villemin, un temps inculpée de l'assassinat avant d'être totalement innocentée par la justice.

Pour Me Gérard Welzer, avocat de Marie-Ange Laroche et de ses deux fils, Sébastien et Jean-Bernard, "le téléfilm de France 3 sera perçu (par les téléspectateurs) comme la vérité judiciaire alors que cela ne l'est pas". L'avocat spinalien a prévenu que "si la série devait porter atteinte à l'honneur de ses clients et/ou à la mémoire de leurs proches", il engagerait "immédiatement" une procédure. En septembre, Mme Laroche et ses enfants avaient tenté d'obtenir de la justice un report de la diffusion des six épisodes de 52 minutes chacun pour s'assurer qu'ils ne diffamaient ni ne portaient atteinte à la présomption d'innocence de leur mari et père, Bernard.

Mais la chambre des référés du tribunal de grande instance de Nancy, devant laquelle ils avaient assigné la chaîne publique, avait rejeté leur demande, considérant que "la liberté d'expression devait primer" et que celle-ci "ne pouvait souffrir aucune exception". Mis en examen pour l'assassinat de Grégory et écroué en novembre 1984, Bernard Laroche avait été remis en liberté en février 1985 alors qu'une expertise graphologique semblait le disculper. Il avait été tué en mars suivant par Jean-Marie Villemin, condamné en 1993 pour ce meurtre par la cour d'assises de Dijon.

Le juge Jean-Michel Lambert, qui avait mené l'instruction entre le 16 octobre 1984 et 29 mars 1985, jour de l'assassinat de Bernard Laroche, a quant à lui exprimé le "profond dégoût" que lui inspirait la diffusion du téléfilm. "Il n'y avait aucune urgence à mettre en scène un fait-divers puisque la prescription n'interviendra qu'en 2011", déclare-t-il dans l'hebdomadaire Marianne à paraître samedi. Ces réactions surviennent alors que Muriel Bolle, belle-soeur de Bernard Laroche, a demandé la réouverture de l'enquête en arguant du "risque que crée la reprise du déchaînement médiatique" avec la diffusion du téléfilm.

Une démarche "étonnante", a commenté à Mulhouse (Haut-Rhin) Me Thierry Moser, l'un des avocats des époux Villemin. Le dossier avait déjà été rouvert en juin 2000 pour permettre des tests ADN sur un timbre-poste. Mais ces analyses n'avaient pu percer le "secret de la Vologne", toujours enfoui près de 22 ans après les faits.
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